Replacé au 24e rang mondial, Juan Martin Del Potro ne cesse de remonter la pente et semble aujourd’hui à nouveau au top de sa forme. Au lendemain d’une probante demi-finale de Grand Chelem, l’Argentin peut-il encore bousculer le Big Four et postuler à un Grand Chelem ? 

2009, la naissance d’un géant

Nous sommes en 2009, New York s’apprête à vivre un tremblement de terre. Peu de temps avant son vingt-et-unième anniversaire, ce jeune argentin affronte en finale le maître des lieux, Roger Federer, vainqueur des cinq dernières éditions. Del Potro sort d’une démonstration face à Rafael Nadal (6-2 6-2 6-2) et, après une demi-finale à Roland-Garros, compte bien se saisir de cette opportunité rare pour se hisser au sommet et démarrer une immense carrière. À la fin de ce combat de titans de plus de quatre heures, c’est le jeune espoir du tennis argentin qui fera tomber un Federer passé pourtant à deux points du match (3-6 7-6 4-6 7-6 6-2). La suite de la carrière de Del Potro sera en revanche moins glorieuse avec des performances plus ou moins remarquables au milieu de pépins physiques à répétition.

Une vie entre blessures et coups d’éclat

Alors qu’il avait un temps occupé la quatrième place mondiale, la saison 2010 de l’Argentin sera le début des galères physiques. Cette année, il ne disputera qu’un Grand Chelem et aucun Masters 1000, perdant 252 places au classement ATP. La saison 2015 sera tout aussi chaotique et Del Potro chutera même au 581e rang mondial, même s’il aura pu notamment disputer entre temps une demie-finale à Wimbledon (2013), avant de signer un retour en fanfare en 2016. L’an passé, « Delpo » a réussi un come-back étourdissant en remportant une sublime médaille d’argent aux Jeux de Rio (où il aura accessoirement battu Djokovic et Nadal), avant d’enchaîner avec un quart de finale à l’US Open. Enfin, l’émouvant argentin a mené son pays vers sa première Coupe Davis, s’imposant face au numéro un mondial Andy Murray en demie après plus de 5 heures de jeu et surtout face à Cilic en finale. Le Croate menait deux sets à zéro, avant de s’incliner devant la persévérance de son adversaire, là aussi à l’issue d’un bras de fer monumental de près de cinq heures.

À New York, encore un retour gagnant 

Son début d’année 2017 n’a malheureusement pas confirmé la tendance de la saison dernière et avant de disputer l’US Open, le géant argentin (1,98m) avait seulement comme meilleur résultat un quart de finale à Rome. Pourtant, il a semblé renaître là où tout a commencé, signant un énième retour sur les devants de la scène. Depuis son triomphe à Flushing Meadows en 2009, Del Potro n’avait plus battu deux tops 10 dans le même tournoi du Grand Chelem. Cette année, ce fut chose faite à l’issue de deux marathons haletants, comme d’habitude ou presque. Ces victoires au bout de l’effort et du courage font justement le charme de ce joueur, qui s’est défait de Thiem en ayant été mené deux sets à zéro et en sauvant une balle de match (1-6 2-6 6-1 7-6 6-4). Au surlendemain d’une bataille de 3h30, Roger Federer se dressait sur sa route, huit ans après. Le Suisse réalisait alors une année parfaite en Grand Chelem mais s’est heurté à un excellent et encore héroïque Del Potro – un euphémisme pour ce joueur – en quatre sets (7-5 3-6 7-6 6-4). S’il devait payer tout ses efforts consentis dans ces deux matchs en demi-finale face au rouleau-compresseur Nadal, il retiendra sans doute que sa quinzaine est un motif d’espoir pour son avenir.

On a tendance à l’oublier, mais Juan Martin Del Potro n’est âgé que de 29 ans. Il ne faut pas aller chercher bien loin pour trouver des trentenaires au top, les deux meilleurs joueurs actuels ont respectivement 31 et 36 ans. L’Argentin au coup droit destructeur devrait donc avoir encore de belles heures devant lui, à condition de trouver une stabilité physique. Si la tendance actuelle est de se bonifier avec l’âge, il sera dans les mois et années à venir au niveau pour remporter des Grands Chelems ou au moins des Masters 1000 (il n’en a jamais gagné). Une chose est sûre, le mental et la détermination de Del Potro sont sans faille et on ne peut que s’incliner devant un tel état d’esprit qui fait la grandeur de ce joueur décidément immortel…

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