En frappant fort sur le marché des transferts, l’AC Milan s’est repositionné comme un des cadors de la Serie A après trois saisons très discrètes. En quelques mois de travail, les nouveaux investisseurs peuvent-ils ramener dès cette saison le club lombard aux sommets passés ?

Un rachat pour remonter la pente

L’AC Milan entame tout juste sa reconstruction car il revient de loin. Depuis une troisième place en 2012-2013, l’AC Milan n’a plus visité le haut du tableau du championnat et s’était quelque peu fait oublier du paysage footballistique européen. Si le septuple vainqueur de la Ligue des Champions a une réputation à tenir, ses trois dernières saisons seront presque à oublier. En effet, les Rossoneri ont bien accroché un huitième de finale de C1 en 2014 mais leurs performances en championnat ont été décevantes avec successivement des huitième, dixième et septième place en fin de saison. Jusqu’en début de saison dernière, l’AC Milan a passé plus de cinq ans sans trophée, ce qui est conséquent pour un club aussi mythique. C’est en 2016 que les tifosi ont sans doute été touché par un espoir de renouveau. À cette époque, le propriétaire Silvio Berlusconi à décidé de céder le club à des investisseurs chinois, trente ans après sa prise de fonction à la tête du club. Les nouveaux propriétaires n’ont pas tergiversé et les espoirs se sont rapidement confirmé en terme de recrutement.

Un excellent mercato, une nouvelle dimension

La saison 2016-2017 faisait augure de transition entre l’ère Berlusconi et le nouveau Milan, mené par un Gianluigi Donnaruma bourré de talent et de maturité à 18 ans. Celui qui a éclos en 2015 a la voie tracée pour succéder à Buffon sous le maillot de la Squadra Azurra et pour ramener les Rouge et Noir au plus haut niveau. Il a grandement participé à la belle saison des siens qui ont pu accrocher une place européenne (6e) et remporter la Supercoupe d’Italie, en attendant le mercato.

L’été milanais a été remarquable de part ses multiples dépenses permettant un recrutement de grande classe. Le club n’a pas hésité à mettre la main à la poche puisqu’il a déboursé près de 200 millions d’euros pour s’offrir des talents de Serie A (Bonucci, Conti, Kalinic…) mais aussi de très bons joueurs de l’étranger en pleine ascension (Ricardo Rodriguez, André Silva, Çalhanoglu…). Seuls Manchester City, le PSG et Chelsea auront plus dépensé que le Milan AC cet été. Et le club lombard n’a pas eu la contrainte de devoir vendre pour acheter avec des investisseurs disposant de beaucoup de moyens, il a donc très peu vendu (une trentaine de millions d’euros engrangée). Ce mercato énorme conjugué avec le retour sur la scène européenne (en Ligue Europa plus précisément) élève forcément les ambitions des Rossoneri qui peuvent à nouveau jouer dans la cour des grands.

Il n’y a qu’une seule vérité, le terrain

Les tifosi milanais ont donc de quoi rêver avec une équipe au potentiel énorme qui mélange des jeunes en pleine progression tels que Donnaruma, André Silva, Conti ou Kessie et des patrons comme Bonucci ou Montolivo. Cet effectif hétérogène rend la moyenne d’âge équilibrée (26 ans) mais permet surtout de jouer sans problème sur tous les tableaux, Montella pourra donc être amené à faire tourner son onze régulièrement.

Ce recrutement massif vient des propriétaires qui suivent le modèle chinois d’un développement rapide du football par de gros investissements pour attirer facilement des talents. Pour le moment, cela fonctionne parfaitement, reste à voir les résultats sportifs de l’équipe pour tirer des conclusions et savoir si ce mercato était un exemple à suivre pour des clubs comme l’OM qui ont changé de direction sans frapper fort sur le marché des transferts. Il s’agit aussi de savoir si tabler sur un projet à court terme est la solution. En attendant, l’AC Milan entame une saison cruciale avec au bout un ou plusieurs titres à aller chercher et des milliers de cœurs à reconquérir. Après ce mercato, le club en a forcément la qualité mais sera fortement redouté.

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