Pour sa deuxième finale de Grand Chelem, après son sacre de 2009 dans ce même US Open, Juan Martin Del Potro semble armé pour faire aussi bien que ce qu’il avait réalisé dans une autre vie et voir sa carrière prendre définitivement son envol. 

Neuf ans après, le voilà de retour en finale. En finale là où tout a commencé, là où un gamin de 21 ans avait laminé Nadal avant de renverser Federer pour remporter un premier Grand Chelem qui en appelait forcément d’autres. Sauf que depuis, le gamin a grandi et son physique n’a pas suivi l’incroyable trajectoire à laquelle il était destiné. Alors le revoir là, à presque 30 ans, de retour au top de son niveau sportif mais surtout physique est un immense bonheur pour tous ceux qui aiment le tennis.

Une jeunesse retrouvée

Malgré la chaleur écrasante qui étouffe tout Flushing Meadows et des adversaires de plus en plus redoutables, voilà l’Argentin en finale presque sans trembler, sûr de lui. Certains diront que c’est l’année ou jamais pour soulever un deuxième Grand Chelem et seraient tentés de surnommer Del Potro le Benjamin Button du tennis. Près d’une décennie après un titre de vieux briscard, voilà ainsi peut-être ce jeune pousse lancé vers une carrière très prometteuse. Mais il est vrai que dans ce tennis moderne être trentenaire n’est pas un signe de déclin, bien au contraire.

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Alors d’autres diront que Roger Federer n’est plus vraiment le maître en oubliant ses trois Grands Chelems remportés depuis début 2017 à 36 ans ou que l’abandon de son adversaire en demi-finale, déjà contraint de jeter l’éponge en Australie en janvier, n’est pas anodin. Ces deux champions en particulier nous ont appris qu’il ne fallait pas les enterrer trop tôt au risque de les voir sortir de leur pré-retraite et redonner un bon coup de balais dans les Grands Chelems et classements ATP. Alors peut-être que pour l’un la fin semble effectivement proche, tout ne semble que commencer pour Del Potro.

@ AFP

Un tournoi bien géré

Il va fêter prochainement son trentième anniversaire, seulement, et a de beaux jours devant lui alors qu’il en est à son meilleur classement et semble pas loin non plus de son meilleur niveau. En demi-finales par exemple, il a laissé Rafael Nadal donner ses dernières forces dans la première manche – exactement comme l’Espagnol avait achevé l’Argentin l’an passé au même stade la compétition – puis a été sans pitié dans la seconde (7-6, 6-2). Le coup droit prise marteau a fait beaucoup de dégâts sur un joueur encore lâché par son genou gauche et déjà épuisé par son début de tournoi (plus de huit heures de jeu sur ses deux derniers tours). Il planait comme un sentiment de revanche au moment où le tenant du titre quittait le court sur abandon dès la fin d’un deuxième set écrasé de la tête et des épaules par un Del Potro tout tranquille, un an après la victoire écoeurante de Nadal sur l’Argentin (4-6, 6-0, 6-2, 6-3).

Ce n’est pas non plus son début de tournoi qui l’a plus épuisé. Que cela soit moralement ou physiquement, il arrive en pleine forme en finale et s’il parvient à garder sa concentration, semble largement armé pour soulever pour la deuxième fois le trophée. La Tour de Tandil a écarté sans sourciller les locaux Young et Kudla, puis le tenace Verdasco et la pépite Coric, le tout en trois sets avec toutefois deux jeux décisifs disputés. Il a lâché sa première manche en quarts face à Isner, autre trentenaire dans la forme de sa vie, dans un duel de cogneurs mais a ensuite pu tranquillement regarder son futur adversaire laisser des plumes pour se qualifier dans le dernier carré.

@ Getty Images

Il a fallu le jeu décisif du cinquième set, cruelle règle de l’US Open, pour départager Nadal de Thiem. C’est ainsi le premier qui s’en est sorti, au bout de cinq heures de jeu et de la nuit (il était deux heures du matin à la fin du match). En début de matinée en France, Del Potro connaissait enfin son adversaire et pouvait se frotter les mains à l’idée de le savoir complètement rincé et sachant son temps de récupération bien supérieur. Ce qui ne l’a pas empêché de rester méfiant et commencer timidement sa demie avant l’issue que l’on connaît. Ce vendredi soir, Juan Martin Del Potro s’est non seulement économisé, avec un seul set disputé à pleine intensité, mais il a encore pu observer son futur adversaire en finale depuis la table de massage, son lit ou dans un tout autre confort quoi qu’il arrive inestimable et hyper précieux en vue du duel de dimanche soir.

Une finale à gagner

Justement, Novak Djokovic n’a pas non plus perdu de temps et laissé trop de jus sur les courts avant sa huitième finale à New York. En demi-finale face à Nishikori (6-3, 6-4, 6-2) comme depuis le début du tournoi, le Serbe a fait vite et bien malgré la chaleur pesante. À part deux petits sets lâchés dans les deux premiers tours, le temps de se mettre en jambes, il a signé un sans-faute depuis et arrive également en finale au meilleur de sa forme. Quoi qu’il arrive, si les deux joueurs parviennent à maintenir un état physique toujours excellent pendant plusieurs heures, cette finale ne pourra donner qu’un très grand match. D’un côté, Del Potro mérite tellement son deuxième Grand Chelem après tant d’années de galères et de l’autre, Djokovic revient à un tel niveau après sa blessure et longue absence qu’il semblerait assez logique de le voir remporter son deuxième Grand Chelem de suite…

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