Bien plus qu’une finale de Masters, le duel entre Andy Murray et Novak Djokovic a nettement tourné à l’avantage de l’Ecossais (6-3 6-4) qui est devenu par la même occasion numéro un mondial, comme une passation de pouvoir.

Une finale idéale 

Qui aurait imaginé le 5 juin dernier à Roland-Garros, à l’issue du quatrième Grand Chelem consécutif remporté par Novak Djokovic, que le meilleur joueur du monde allait quitter son si confortable trône quelques mois plus tard ? Probablement pas même le finaliste malheureux Andy Murray. Pourtant, un titre à Wimbledon et deux Masters 1000 plus tard, le voici qui débarquait à la maison dans la peau de numéro un mondial avec pour unique objectif de conserver ce statut et triompher enfin dans le tournoi des Maîtres. Pour résumer brièvement l’année 2016, le premier semestre a été celui de Djokovic et le second celui de Murray.

En ce qui concerne le Masters, tout avait débuté parfaitement pour Novak Djokovic et ses trois victoires en poules (un set perdu) avant sa promenade en demi-finale face à Nishikori. Le Serbe ne sera resté qu’une heure et six minutes sur le court pour un score sec de 6-1 6-1 ! Andy Murray venait d’achever son marathon de 3h38 contre Raonic après avoir sauvé une balle de match (5-7 7-6 7-6). Le Britannique, qui avait également remporté tous ses matchs de poule, arrivait en finale avec 10 heures et deux minutes de jeu dans les jambes depuis une semaine contre seulement 6h38 pour le Serbe. Le « Djoker » pointait en finale plus frais physiquement et donc favori pour ce qui serait son cinquième Masters de suite. Même si l’on connaît l’endurance et la résistance de l’Ecossais, l’O2 Arena de Londres était loin d’imaginer un scénario aussi favorable à « son » joueur.

Murray intouchable, Djokovic impuissant

Pas émoussé physiquement, bien au contraire, Andy Murray a déjoué les pronostics qui l’annonçait insuffisamment prêt pour ce rendez-vous. Après sept jeux où les deux hommes se sont surtout observés, le Britannique a breaké avant de servir pour le gain de la première manche. Le néo-numéro un mondial n’a pas tremblé pour s’octroyer un premier avantage dans cette finale, pour le plus grand bonheur de Londres. Un Novak Djokovic toujours très tendu a démarré le second set encore timidement. En face, il n’en fallait pas tant à Murray pour breaker d’entrée et mettre encore plus de pression dans la raquette du Serbe. Complètement dépassé par l’événement – qu’il a part ailleurs remporté cinq fois – l’ancien patron du tennis mondial s’est écroulé jusqu’à 4-1 service à suivre pour Andy Murray, avant de se vexer et rattraper un break de retard. Mais porté par un public en folie comme rarement, l’Ecossais était sur un nuage dans l’O2 Arena et finira évidemment par conclure cette partie. La troisième balle de match sera la bonne, 6-3 6-4 et 103 minutes de jeu pour couronner le nouveau roi de la petite balle jaune.

Si les deux hommes ont effectué autant de coups gagnants (13), Murray aura comme souvent commis très peu de fautes directes (15), à l’inverse de Djokovic, beaucoup trop imprécis (30 fautes directes) et inconstant tout au long du match. Intouchable dans son nouveau jardin, le numéro un mondial était certes injouable mais son prédécesseur lui a facilité la tâche dans une partie finalement assez déséquilibrée entre un homme dans la forme de sa vie et un autre qui peine depuis son titre à Roland-Garros qui est venu compléter sa collection de Grand Chelem.

Et maintenant ? 

Au-delà de sa première place mondiale, Andy Murray vient de signer une série de 24 victoires de suite, durant laquelle il a soulevé cinq trophées. Cette saison 2016 est évidemment sa plus aboutie avec 9 sacres (1 Grand Chelem, 3 Masters 1000, 3 ATP 500, Jeux Olympiques et Masters). Il devient aujourd’hui le 17e joueur à terminer une année numéro un mondial, le premier Britannique.
L’année 2017 s’annonce maintenant comme particulièrement excitante à suivre pour une prise de pouvoir avec deux scénarios envisagés. Soit Andy Murray vient de prendre les rênes du tennis mondial et le gardera plusieurs mois voire années comme Novak Djokovic ou alors on se dirige vers un duel permanent pour le trône entre ces deux géants de 29 ans. Mais il ne faut pas exclure éventuellement une baisse de régime du Serbe et un Murray seul au monde ou encore d’autres hommes forts qui peuvent se mêler à la lutte (Wawrinka, Raonic, Thiem). Premiers éléments de réponse à partir du 16 janvier prochain à l’occasion de l’Open d’Australie.

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