La saison du numéro un mondial serbe est l’une des toutes meilleures jamais réalisées : explications.

Tout proche du Grand Chelem, toujours maudit à Roland-Garros

Le Serbe a particulièrement brillé à Melbourne lors du premier Grand Chelem de l’année. Il s’est imposé en Australie pour la cinquième fois de sa carrière, après un parcours quasi parfait. (Le détail de son parcours est à retrouver ici).
A Roland-Garros, son objectif était clairement le titre,  le seul trophée majeur qui manque à son palmarès avec la médaille d’or olympique. Il était annoncé comme le grand favori et a tenu son rang jusqu’en finale. Après quatre matchs maîtrisés, il se retrouve en quart face à Rafael Nadal, nonuple vainqueur de l’épreuve et victorieux de 70 de ses 71 matchs sur la terre battue parisienne ! Mais l’Espagnol, pas au mieux depuis plusieurs mois, s’est incliné assez logiquement en trois manches. Djokovic est seulement le deuxième homme à battre Nadal à Roland après Soderling en 2009. Pour voir « Nole » perdre un set cette année à Paris, il faut attendre sa demie-finale face à Andy Murray. Vainqueur solide des deux premiers sets, le Serbe a vu revenir le Britannique à deux partout. Cette frayeur sera sans conséquence puisque le numéro un mondial remportera facilement la dernière manche. En finale, il avait l’occasion de rompre avec sa malédiction avec Roland-Garros. Opposé à un étonnant Stan Wawrinka, qu’on n’attendait pas à ce stade, Djoko s’est à nouveau incliné pour ce qui restera sa grande déception de l’année, lui qui a tout gagné ou presque. Le Suisse avait pourtant lâché le premier set avant de se reprendre, et de belle manière, pour remporter les trois suivants.


A Londres, Djokovic a repris ses habitudes et s’est imposé sans concurrence. Cette fois-ci, le Djoker a eu des difficultés en huitièmes de finale, et seulement à ce stade de la compétition, face au géant Kevin Anderson. Après trois tours tranquilles, il s’est fait une grosse frayeur en perdant les deux premières manches au jeu décisif. Mais la force des grands champions, c’est de ne jamais baisser les bras et toujours se relever. Les trois manches qui ont suivies ont été remportées par le Serbe, qui s’ouvre le chemin vers la finale. Celle-ci l’oppose à Roger Federer, sept fois vainqueur sur le gazon londonien, après avoir sorti Richard Gasquet en demi-finale. Le Français avait aussi dû s’incliner à Roland face à Novak, mais en quart de finale. Les deux premiers sets de la finale ont été passionnants de suspense, avec un score d’un partout, et deux jeux décisifs disputés. Ensuite, Djokovic est revenu à son niveau pour glaner les deux derniers sets du tournoi, nettement supérieur au Suisse.

September 13, 2015 - Novak Djokovic poses with the trophy after defeating Roger Federer (not pictured) in the men's singles final match during the 2015 US Open at the USTA Billie Jean King National Tennis Center in Flushing, NY. (USTA/Ned Dishman)

Pour clôturer l’année des Grands Chelems, le numéro un mondial était attendu à Flushings Meadow et n’a pas déçu. A part une finale très disputée, encore face à Federer, le numéro un mondial n’a pas eu trop de mal à gagner son dixième Grand Chelem. (Le récit de l’US Open est à découvrir ou redécouvrir ici). Il réalise donc le Petit Chelem sur 2015, c’est-à-dire gagner trois des quatre tournois du Grand Chelem, son deuxième après 2011.

 Toujours en finale des Masters 1000

Titré en Australie un mois plus tôt, lors du premier Grand Chelem, Novak Djokovic lançait sa saison de Masters 1000, qui sera presque parfaite, à Indian Wells mi-mars. Sans trembler, il s’est imposé en n’ayant perdu qu’une seule manche dans tout le tournoi : en finale face à Federer. Un mois plus tard, bis repetita à Miami où le géant du tennis mondial remporte le trophée, en lâchant tout de même trois sets durant les six matchs de compétition. Retour en Europe, à Monte-Carlo où le scénario reste identique. Djoko remporte le tournoi, assez tranquillement, et son troisième Masters 1000 de l’année, pour signer un triplé déjà mémorable. Le premier qui échappera à Nole sera le tournoi de Madrid, le numéro un mondial préférant y renoncer, sans doute pour préparer au mieux Roland-Garros. Ce sera Andy Murray qui triomphera dans la capitale espagnole, et devenir le premier homme à glaner les 1000 points promis au vainqueur de ce type de tournoi, hors Djokovic. Dans la foulée, à Rome, le Djoker a repris les commandes en remportant le tournoi sur terre battue.


Il faut attendre quasiment trois mois pour retrouver le gratin tennistique se batailler sur la scène d’un Masters 1000. Vient alors la quinzaine la plus délicate de la saison du Serbe, pendant la tournée nord-américaine. Il est finalistes des M1000 du Canada et de Cincinnati mais bute sur Andy Murray et Roger Federer, les deux meilleurs joueurs de 2015 derrière le numéro un mondial intouchable. Novak ne mettra pas beaucoup de temps avant de retrouver le chemin du succès, puisqu’il remporte par la suite l’US Open. Après ces deux échecs à un souffle des trophées, Djokovic continue à assumer son statut incontestable de joueur de l’année en soulevant les deux derniers trophées en Masters 1000 de l’année, à Shanghai et à Paris, avec en prime une seule manche lâchée, face à Wawrinka. Son dernier défi de 2015 était le Masters de Londres.

Intouchable au Masters

L’O2 Arena de Londres accueillait pendant une semaine les huit meilleurs joueurs mondiaux, établis selon leur classement à la Race, différent du classement ATP. Bref, Djokovic, Murray, Federer, Wwarinka, Nadal, Berdych, Ferrer, et Nishikori ont eu l’occasion de se battre pour le précieux titre du Masters en format de poules puis demi-finales et finale.

Placé dans le groupe A, Novak Djokovic a assuré le minimum pour se hisser jusque dans le dernier carré. Il d’abord été vainqueur très facile de Kei Nishikori en deux petits sets (6-1 6-1) et tout juste une heure de jeu. Roger Federer réalise ensuite une grande performance en battant le Serbe (7-5 6-2) et lui infliger sa première défaite depuis 23 matchs ! Cet accident de parcours ne sera qu’anecdotique pour Nole qui se qualifiera après sa victoire sur Tomas Berdych (6-3 7-5). En demi-finale, un surprenant Rafael Nadal, vainqueur de trois matchs de poule, se dressait sur la route du numéro un mondial. Mais ce dernier ne fera pas de cadeau à l’Espagnol et s’imposera sans difficultés (6-3 6-3) pour rallier la finale et retrouver Federer. Quand il faut hausser son niveau de jeu, Djokovic sait le faire et l’a parfaitement montré en finale. Le Suisse a subi la loi du meilleur joueur du monde (6-3 6-4) qui remporte là son cinquième Masters, son quatrième d’affilée, une première !

En 2015 : leader incontestable

Hormis une élimination en quart de finale à Doha en janvier pour sa première compétition de l’année, Novak Djokovic a atteint la finale de tous ses tournois cette année ! Seuls quatre hommes peuvent se vanter d’avoir fait tomber le Serbe cette année : Ivo Karlovic, Roger Federer (par trois fois), Stan Wawrinka et Andy Murray. Le Djoker affiche sur cette saison le taux de victoires hallucinant de 93%, soit 83 succès en 89 rencontres !! De plus, Novak termine l’année sur trois records notables. Il détient le plus grand nombre de points jamais enregistrés au classement ATP (16585), près du double de son poursuivant Andy Murray (8945). Son prize-money, soit l’ensemble des primes de victoires, atteint la somme record de 21,6 millions de dollars, équivalent à 19,75 millions d’euros ! Enfin, le numéro un mondial a remporté cette saison six des neuf Masters 1000. Aucun tennisman n’avait auparavant réalisé une telle performance.


La saison 2015 de Djokovic, sublimée par ses neuf titres dont trois en Grand Chelem, restera comme l’une des toutes meilleures de l’histoire. On peut comparer cette saison historique avec trois autres, celle de Jimmy Connors en 1974, Roger Federer en 2006 et Rafael Nadal en 2010. Deux défis attendent Novak Djokovic en 2016, pour entrer encore plus dans l’histoire : remporter enfin Roland-Garros et les Jeux Olympiques. Un Grand Chelem, gagner les quatre tournois majeurs de l’année n’est pas non plus à exclure, il n’a que 28 ans. En tout cas, ce serait une première pour un joueur de tennis masculin.

Publicités