Racing Metro 92 South African flanker Bernard Le Roux (C-L) and Racing Metro 92 New Zealand flyhalf Dan Carte (C-R) react at the end of the European Rugby Champions Cup match between Racing Metro 92 and Toulon at Yves du Manoir stadium in Colombes on April 10, 2016. AFP PHOTO / FRANCK FIFEFRANCK FIFE/AFP/Getty Images

Battu et éliminé par le Racing 92 dès les quarts de finale de la Coupe d’Europe, le Rugby Club Toulonnais a peut-être déjà manqué sa saison à cause de cet échec frustrant alors que les Varois ne sont que quatrièmes en championnat.

LA DÉSILLUSION FACE AU RACING

Quelle désillusion pour le triple champion d’Europe en titre, sorti in extremis par le Racing 92 !
Les Racingmen sont les premiers à dégainer et le RCT prend très rapidement un coup sur la tête. Carter passe d’abord une pénalité après deux minutes de jeu et Imhoff marque dans la foulée le premier essai du match (3e). Le buteur néo-zélandais transforme et les locaux mènent 10-0 après moins de cinq minutes de jeu, les Toulonnais sont à la dérive ! Mais le RCT ne tarde finalement pas à réagir et Ollivon aplatit un essai que Pélissié transformera (9e). Armitage puis Pélissié auront l’occasion d’égaliser mais leurs pénalités passeront à côté. Juste après un échec de Machenaud  pour le Racing, Pélissié égalise cette fois pour Toulon juste avant la pause (40e). Le mano a mano entre les buteurs continuera toute la rencontre, on sait désormais que le sort du match repose sur la réussite des buteurs.

RC Toulon's French scrumhalf Jonathan Pelissie (L) vies with Racing Metro 92 French scrumhalf Maxime Machenaud during the European Rugby Champions Cup match between Racing Metro 92 and Toulon at Yves du Manoir stadium in Colombes on April 10, 2016. AFP PHOTO / FRANCK FIFEFRANCK FIFE/AFP/Getty Images

Le score bouge beaucoup mais les deux équipes restent au coude à coude en seconde période. Les visiteurs mèneront 13-10 (Pélissié 44e) avant de se faire rejoindre immédiatement par le Racing et la botte de Machenaud (48e). Ce dernier va permettre à son équipe de prendre à nouveau les commandes (16-13) mais les Toulonnais reviennent encore au score ! Si les essais ne viennent pas, les buteurs ne sont pas non plus toujours en réussite et manquent parfois de sang-froid face aux poteaux. Par exemple, le buteur racingmen manque son coup de pied pourtant idéalement placé (75e). Mais c’est encore Machenaud et le Racing qui auront le dernier mot, grâce à une pénalité passée à la 78e minute ! Le RC Toulon encaisse un échec d’autant plus frustrant qu’une prolongation était envisageable, voire mieux si ses buteurs étaient plus efficaces. De leur côté, le Racing 92 rejoint donc le dernier carré de la Coupe d’Europe pour la première fois de son histoire et devra aller défier Leicester sur ces terres en demi-finale ! C’est seulement la première défaite européenne des Sudistes en match à élimination directe depuis avril 2011 !

PAS LE MÊME TOULON QUE DEPUIS TROIS ANS

Même pas sur le podium en Top 14, le RC Toulon va maintenant devoir tout miser sur le championnat s’il veut éviter une saison blanche.
Si le classement n’est pas flatteur (4e) avec en plus déjà 8 défaites au compteur, Toulon n’est qu’à deux points de la seconde place directement qualificative pour les demi-finales. Mais il reste six matchs à jouer pour terminer dans les six premiers et jouer au moins les barrages. La plupart des défaites varoises, à l’image de celle de dimanche, sont étriqués et rares sont les claques reçues par les Sudistes. Ce qui prouve notamment que ces derniers représentent en permanence une menace , une bonne nouvelle pour la fin de saison ? Pas forcément, au vu de la seule exception en France, le lourd revers encaissé par le Stade Toulousain, 31 à 8, fin décembre. Par rapport à la Coupe d’Europe remportée en 2013, 2014 et 2015, Toulon a plus de mal dans les phases finales nationales. En quatre ans, les Toulonnais ont buté deux fois en finale, avant de triompher au Stade de France en 2014 et stopper sa course dès les demies l’an passé.

Le Rugby Club Toulonnais n’est donc plus invincible en Europe et encore moins en France où les grands matchs importants sont souvent perdus. Ce qui peut aussi expliquer une telle baisse de régime est aussi la nouvelle génération qui doit mettre du temps avant de s’installer à la place des « anciens » tels que Wilkinson (parti en 2014), Michalak ou encore Armitage. Ces deux derniers partiront pour le Lyon OU à la fin de saison alors que d’autres cadres sont pressentis sur le départ. Ce n’est pas l’élimination qui va convaincre certains à rester mais on ne se fait pas de soucis pour le recrutement, très bon depuis plusieurs années, car le président Boudjellal réussit toujours à faire venir des joueurs de classe mondiale à Toulon. Mais un peu à l’image du PSG en football, une équipe ne construit pas avec une multitude de stars, mais avec un groupe soudé. Le RCT n’est pas mort, mais un chantier s’annonce pour la saison prochaine, à moins qu’un bouclier de Brennus ne vienne troubler les cartes dans la direction, auquel cas cette saison 2015-2016 ne serait pas si ratée.

QUE FAUT-IL ESPÉRER POUR LA FIN DE SAISON ? 

Maintenant que les espoirs d’un quatrième titre européen consécutif sont envolés, il ne reste plus que le Top 14 à Toulon pour sauver sa saison.
Avant de devoir de disputer les barrages ou directement les demi-finales, si tel était le cas, six rencontres sont encore à jouer, plus ou moins abordables. Il y a d’abord un déplacement qui s’annonce facile à Pau, promu et seulement douzième, avant de recevoir deux candidats aux six premières places, Toulouse et Castres. Il ne faudra pas fléchir face à ces deux concurrents directs. Le RCT aura encore un déplacement aisé sur la pelouse de la lanterne rouge Agen, qui file tout droit vers la Pro D2. Pour terminer la saison régulière, les Toulonnais se rendront à Montpellier pour y défier le MHR, actuel dauphin de Clermont. Enfin, la dernière rencontre ne sera encore pas évidente à disputer, même à domicile, face à l’UBB.

Avec uniquement le championnat à disputer, Toulon aura sans doute plus de pression sachant que sa saison se jouera sur ces dernières échéances. Mais un esprit de revanche pourrait s’installer dans les têtes sudistes et dans ce cas, à son meilleur niveau, le RCT sera très compétitif et très difficile à faire tomber. Une folle rumeur secoue la France de l’ovalie depuis plusieurs temps, celle de voir Toulon changer d’air et intégrer le championnat anglais ! Le président atypique Boudjellal l’avait annoncé en raison du conflit qui l’oppose à la fédération depuis longtemps, d’où l’intérêt pour Toulon de conquérir ce qui sera peut-être un de ses derniers titres… Plus sérieusement, le Rugby Club Toulonnais n’a plus le droit à l’erreur s’il veut triompher à nouveau sur France, alors que la finale du championnat aura lieu au Camp Nou de Barcelone le 24 juin prochain.

Comment la saison du RCT va-t-elle se terminer ?

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