Trois mois après son lancement, la première partie de la Coupe d’Europe vient de s’achever avec la fin des phases de poule. L’occasion de revenir sur la campagne des clubs français engagés, qui affichent un bilan assez moyen, même si tout n’est pas à jeter…

CLERMONT SE PLACE EN FAVORI 

Le bilan clermontois des phases de poule est quasi-parfait : 26 points, cinq victoires en six rencontres, six points de bonus (dont un défensif), personne n’a fait aussi bien cette saison en Coupe d’Europe. Parmi les grandes performances, on peut noter les cartons face à Exeter (35-8 à l’extérieur et 48-26 à domicile). En plus d’une très forte impression laissée à ses concurrents au titre, l’ASM a décroché le droit de disputer son quart de finale à la maison face à un RCT en difficulté. Seule ombre au tableau, il faudra composer longuement sans son centre Wesley Fofana, victime d’une rupture du tendon d’Achille lors de la dernière journée et d’ores et déjà forfait pour le Tournoi des VI Nations avec le XV de France. Également en tête du Top 14, Clermont réalise pour le moment une saison parfaite, qu’il faudrait impérativement conclure par un trophée au minimum, tant les Auvergnats ont été impressionnants depuis septembre. Les Jaunards peuvent donc légitimement nourrir de grandes ambitions nationales mais aussi européennes, à condition de briser la malédiction des finales perdues (13 sur 14)…


TOULON ET TOULOUSE ASSURENT DANS LA DOULEUR

À l’image de son classement en championnat (5e), Toulon a vécu une première partie de campagne européenne plutôt décevante même si l’essentiel, à savoir la qualification, est finalement acquis tant bien que mal. Deuxièmes de leur groupe derrière les Saracens, les Sudistes ont bien failli ne jamais voir le prochain tour car ils ont terminé troisièmes des meilleurs deuxièmes de groupe. Le RCT a donc empoché la dernière place qualificative pour les quarts « grâce » à une défaite bonifiée lors de l’ultime journée. Nul doute que le triple champion d’Europe aura moins d’ambitions européennes que par le passé après le départ du mythique Bernard Laporte pour la présidence de la FFR.

De son côté, le Stade Toulousain a aussi frôlé la sortie. Tout s’est également joué à l’occasion du dernier match, une finale face à Connacht pour la deuxième place. Il fallait s’imposer avec plus de 7 points d’avance pour continuer l’aventure et ce fut chose faite après un court succès 19-10. Ce sera tout autre en quart de finale encore face à des Irlandais. Le Munster partira grand favori à domicile pour rejoindre un dernier carré auquel n’a plus pris part Toulouse depuis six ans.


L’INCROYABLE FIASCO DU RACING 

Finaliste de l’épreuve, le Racing 92 est déjà hors-course, éliminé assez lamentablement. Certes, le début de saison racingmen est très moyen avec une neuvième place du championnat, mais la façon dont il a disputé cette campagne reste à revoir. Les quatre premiers matchs ont été catastrophiques avec quatre défaites au compteur sans aucun point de bonus. Déjà éliminé, les Parisiens ont toutefois signé un beau succès bonifié face à Leicester (34-3), mais qui restera anecdotique. Dans cette poule surprenante où l’on attendait les deux éliminés (Racing et Leicester) au sommet, le vice-champion d’Europe en titre s’est ridiculisé et devra rapidement oublié ce fiasco pour viser à minima une place de barragiste, qui limiterai la casse dans une saison bien mal embarquée.


ET AUSSI…

Les trois autres clubs français engagés dans la grande Coupe d’Europe ont pris la porte et doivent maintenant se focaliser sur les dix dernières journées de championnat avant la phase finale.
Le MHR a touché du bout des doigts sa qualification mais s’est fait devancé au finish par Toulon au jeu des deuxièmes de groupe. Le tenant du Challenge Européen est pour l’instant troisième du Top 14 et peut rêver d’un ticket direct pour les demi-finales du championnat, alors son élimination européenne n’est peut-être pas si mal tombée… Dans ce groupe figurait aussi Castres, qui a eu nettement moins de réussite et qui devra se contenter de deux victoires dont une démonstration face à Northampton (41-7). Le dernier club de l’Hexagone participant à la compétition, l’UBB, ne devait pas se faire d’illusion et sort logiquement malgré une belle deuxième place et trois victoires satisfaisantes.

La campagne européenne française est pour l’instant plutôt poussive avec trois qualifiés sur sept dont deux sur le fil. Mais il rôde encore un espoir de victoire finale avec un Clermont brillant qui a les cartes en main pour aller chercher son premier titre européen, le 13 mai prochain à Edimbourg.

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