En battant le grand Barça au Camp Nou, le Real Madrid a frappé d’un grand coup. D’abord submergés, les Merengue n’ont rien lâchés pour venir décrocher ce succès qui change beaucoup de choses dans le sprint final de la saison.

L’émotion, puis le jeu

C’est un Barça solide leader de la Liga et à qui le titre est promis qui s’apprête à recevoir un Real Madrid décevant troisième et en méforme, déjà à dix longueurs de son éternel rival. Si une atmosphère particulière règne toujours sur un Clasico suivi dans le monde entier, le récent décès de Johan Cruyff trottait dans toutes les têtes au Camp Nou. Une minute de silence, entachée de quelques sifflets, un maillot catalan floqué de « Gracies Johan » (merci Johan) et un tifo ont été réalisés pour l’occasion en la mémoire de ce joueur et entraîneur légendaire passé par le FC Barcelone. Côté terrain, les deux équipes alignent leurs équipes types avec les deux fameux trios offensifs, MSN et BBC. Au match aller, le FCB était allé s’imposer 4-0 à Santiago Bernabeu. Au coup d’envoi, les Blaugrana sont les grands favoris de cette rencontre à domicile.

Le début de rencontre confirme entièrement les dynamiques actuelles et les intuitions d’avant-match. Le Barça a le pied sur le ballon et campe dans la moitié de terrain adverse. De son côté, le Real n’arrive pas à conserver la possession et perd les ballons trop rapidement et trop bas. Bale, Benzema et Ronaldo sont donc absents de ce premier quart d’heure. Mais les Catalans butent sur la défense merengue, qui souvent casse les offensives de façon illicite, et ont du mal à se procurer des occasions de but ou même des situations dangereuses dans la surface adverse. Du coup, le spectacle en pâtit et la première période ressemble plus à une passe à dix des Blaugrana qu’à une réelle opposition de football. Cependant, lorsque ces derniers pénètrent dans la zone de vérité madrilène, ils se montrent dangereux. Ivan Rakitic voit par exemple sa tentative au point de penalty repoussée par Navas (19e) alors que Messi venait de placer son coup-franc tout proche de la lucarne. En début de match, Luis Suarez avait surtout manqué un but tout fait en ne parvenant à reprendre un cadeau de Neymar alors que Navas était battu (10e).

Pour l’une de ses premières incursions dans le camp catalan, la Maison Blanche se montre menaçante. Gareth Bale tire en force juste au-dessus, alors que CR7 venait de cadrer une lourde frappe (25e). Plus tard, Karim Benzema, transparent jusqu’ici, aura une énorme opportunité de scorer, qu’il gâchera par une volée complètement manquée (44e). Sinon, les Barcelonais construisent plus, mais sans réussite malgré quelques situations chaudes. Au final, Keylor Navas n’aura que très peu été inquiété durant ces quarante-cinq premières minutes par Neymar, Suarez ou Messi, étrangement moyen ce soir et auteur de mauvais choix surprenants.

Le Barça inefficace, le Real en profite

Comme à son habitude, le Clasico est très tendu et les deux meilleurs ennemis se rendent coup pour coup, au sens propre. Déjà pas franchement rythmé, le match est souvent interrompu par de trop nombreuses fautes. Mais Lionel Messi se procurera presque tout seul une immense occasion, mais Navas sauvera magnifiquement son équipe. Le quintuple ballon d’or, dans la surface et face à la muraille merengue, place lobe sans élan, mais le portier costaricain détourne d’une claquette splendide (55e). Heureusement pour le Camp Nou, les locaux trouveront la faille sur le corner qui suit. Rakitic se charge de le tirer et Gérard Piqué surgit au premier poteau pour marquer en force de la tête ! Le stade explose, on n’imagine jamais le Real revenir dans le match après ce qu’il a montré, ou pas, pour l’instant. Ce but encaissé fait beaucoup de bien aux Merengue qui se décident enfin de sortir et d’attaquer. Avec un peu de réussite, un centre de Tony Kroos est dévié par Alba et revient sur Benzema. Cette fois-ci, l’attaquant français ne tremble pas et trompe Bravo à bout portant d’un geste acrobatique (62e). Au vu de la première heure de jeu, l’égalisation n’est pas méritée mais sera confirmée par une fin de match excellente du côté des Madrilènes, qui feront basculer le match. Loin de se satisfaire de ce résultat nul, les visiteurs terminent ce Clasico en boulet de canon avec un milieu de terrain retrouvé. Bale doit obliger le portier adverse à se coucher (68e) et se voit ensuite refuser un but très sévèrement. Il marque de la tête mais l’arbitre le juge coupable d’une charge sur Jordi Alba, pourtant très légère.

Dans la foulée, Cristiano Ronaldo tente une frappe puissante mais flottante qui rebondit sur la barre (82e) ! Dans ce Clasico sous pression et haletant, on le sentait venir, l’arbitre a dégainé son carton rouge. C’est Sergio Ramos, coupable d’un violent tacle par derrière, qui a récolté un second avertissement (84e). Mais le Real n’abdique pas, et, supérieur dans ce money-time, va venir arracher les trois points. Sur un centre de Bale, Ronaldo contrôle de la poitrine pour effacer Alves et se mettre face au but avant d’armer juste devant Claudio Bravo (85e). Quelques secondes auparavant, Suarez avait manqué le dernier geste en plein cœur de la surface merengue… Après quelques derniers mouvements désespérés du côté du Barça, l’arbitre siffle le coup de sifflet final.

Quelles conséquences ?

Ce revers vient mettre fin à une série de 39 matchs sans défaite pour les Catalans, et un échec à Séville le 3 octobre. Bien que dominateurs une bonne partie de ce Clasico, ces derniers ne sont pas parvenu à transformer leur possession en occasions franches de but. Cette domination stérile s’explique par un bloc madrilène parfaitement regroupé et une défense imperméable ainsi qu’un trio offensif en petite forme. En marquant sur ses temps forts, le Real a su être efficace pour surprendre la défense blaugrana, pas exempt de tout reproche. C’est mérité pour Zinedine Zidane, qui pour l’instant réussi son expérience en tant qu’entraîneur et qui, après ce succès de prestige, va faire taire les sceptiques. Le Français était annoncé partant à la fin de saison, peut-être que ce match pourra relancer le Real et son avenir en dépend. Enterré par certains, le Real Madrid revient à une longueur de l’Atlético et sept du Barça. Si la deuxième place est à présent en ligne de mire, le titre est encore lointain mais pas inaccessible. Avec encore sept rencontres à disputer en championnat, le FC Barcelone reste sous la menace des deux voisins mais une fin de saison maîtrisée lui promettrait un vingt-quatrième titre national. Nous aurons le plaisir de retrouver ces deux formations très bientôt pour les quarts de finale de Ligue des Champions. Le Barça jouera mardi face à son dauphin l’Atletico pour LE choc des quarts et le Real à rendez-vous mercredi avec Wolfsburg pour une double confrontation bien plus qu’accessible.

A présent, donnez votre avis : la Liga peut-elle échapper au Barça ?

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