La dixième couronne de Djokovic, un US Open très ouvert chez les filles, la consécration pour le double français : retour sur la belle quinzaine américaine qui s’est achevée ce dimanche à New-York.

Illusions et désillusion pour Serena, des étoiles pour Pennetta

Pendant deux semaines, tous les regards étaient tournés vers Serena Williams. Si elle triomphait chez elle, l’Américaine pouvait réaliser le Grand Chelem, c’est-à-dire remporter les quatre tournois du Grand Chelem de l’année. Après un parcours plutôt tranquille malgré une frayeur au troisième tour, Serena a été stoppée par Roberta Vinci en demi-finale. L’Américaine avait remporté le premier set facilement et on l’imaginait filer tranquillement vers sa finale. Mais en face, la petite Italienne comptait jouer sa chance à fond, ce qu’elle a parfaitement réussi. Résultat, une égalisation à une manche partout, ce qui a fait douter Williams, avant d’empocher le troisième set, synonyme de ticket pour la finale (2-6 6-4 6-4). Pour Serena Williams, la pression était trop forte et le jeu de son adversaire ne l’a pas aidé. Un monument du tennis américain est tombé à New-York en ce 11 septembre.
Enorme désillusion pour elle, mais surtout pour le public américain qui avait déjà acheté les places pour la finale pour voir le sacre attendu de leur idole. Gagner l’Open d’Australie, Roland-Garros, Wimbledon et l’US Open dans la même année n’est plus arrivé depuis Steffi Graf en 1988.
Comme chez les hommes l’an passé, la finale dames a opposé deux joueuses inattendues. Flavia Pennetta défiait sa compatriote Roberta Vinci. Les deux joueuses n’avaient jamais atteint ce stade de la compétition en Grand Chelem. Autre première, deux italiennes en finale d’un Grand Chelem.

Côté match, c’est Pennetta qui a pris les devants dans un premier set accroché qu’elle a conclu au jeu décisif. En revanche, Vinci a craqué dans la deuxième manche qu’elle a laissé à sa compatriote qui soulève son premier et dernier trophée du Grand Chelem. En attendant la remise du trophée, les deux italiennes discutaient et s’amusaient ensemble sur le banc, comme deux copines, ne mesurant pas l’ampleur de la situation. Quelques après la fin du match, Flavia Pennetta a annoncé qu’elle prenait sa retraite à 33 ans. Pour elle, il s’agit d’une décision préméditée mais ne part-elle pas plutôt sur un coup de tête ? Comme Marion Bartoli en 2012, qui avait pris sa retraite quelques semaines après son sacre à Wimbledon, l’italienne, nouvelle numéro huit mondiale, ne pouvait pas rêver d’une meilleure fin de carrière.

Ciel Bleu sur New-York : les français brillent de mille feux

Les Français se sont distingués cette année avec de très belles performances, chez les hommes comme chez les femmes, en passant par une victoire sur le double messieurs.
Dans le tableau féminin, Kristina Mladenovic a réalisé un parcours exemplaire. La jeune française de 22 ans a passé facilement les trois premiers tours sans encombre avant de lâcher son premier set en huitièmes de finale. Kiki est arrivé en quarts de finale pleine d’espoir face à Roberta Vinci, alors moins bien classée que la tricolore. Mais l’italienne avait eu l’avantage de se qualifier en quart sans jouer, après le forfait de son adversaire, et cela s’est ressenti sur le terrain. Mladenovic s’est bien battue en passant tout proche de la qualification pour le dernier carré, ne s’inclinant qu’en trois sets accrochés (3-6 7-5 4-6) face à la future finaliste du tournoi. Du côté des hommes, Jo-Wilfried Tsonga et Richard Gasquet se sont également qualifiés pour les quarts. Le premier nommé est passé à un cheveu du dernier carré. Face au tenant du titre, Jo a perdu les deux premières manches mais n’a pas renoncé. Dans un match très serré, il a empoché les deux sets suivants pour pousser Marin Cilic à un cinquième set qu’il a finalement perdu (4-6 4-6 6-3 7-6 4-6). Le français sort de ce Grand Chelem plein de frustrations, une demi-finale lui tendait les bras. Pour Richard Gasquet, c’est en revanche la douche froide face à Roger Federer. Il s’est encore fait balayé par le suisse qui s’est imposé sans aucune difficulté. Un Gasquet sans ressource face à un Federer intraitable, voilà comment les français ont conclu leur tournoi. A noter aussi la très belle performance de Benoit Paire, après avoir éliminé Nishikori au premier tour, qui s’est hissé jusqu’en huitièmes de finale, seulement battu par son compatriote Tsonga. Pendant que les tableaux hommes et dames se vidaient des »Frenchies », deux potes traçaient leur chemin en double. Nicolas Mahut et Pierre-Hugues Herbert se sont retrouvés en finale sans perdre le moindre set.

Voir ces deux joueurs faire un si bon parcours en double est une petite surprise mais pas un hasard. La paire tricolore avait déjà atteint la finale de l’Open d’Australie cette année. La présence de deux français en finale du double à Flushing Meadow, remontait à 1985 et un tandem Yannick Noah – Henri Leconte. Pour devenir les premiers français à triompher en Grand Chelem sur le sol américain, Mahut et P2H avaient en face d’eux une paire anglo-australienne composée de Jamie Murray et John Peers. Les deux français ont récité leur tennis pour s’imposer en deux manches (6-4 6-4) et entrer dans l’histoire du tennis bleu-blanc-rouge. Pierre-Hugues Herbert et Nicolas Mahut, voilà deux noms que l’on n’est pas prêt d’oublier et qu’on pourrait retrouver l’an prochain aux Jeux Olympiques de Rio.

Le number one assure : dixième sacre pour Djokovic

Novak Djokovic a remporté dimanche son dixième trophée du Grand Chelem, son second US Open, en battant Roger Federer en finale.
Pour atteindre la finale, le serbe a commencé son tournoi idéalement pour trois victoires faciles avant de perdre un set, son premier, en huitième de finale, puis en quart.  En demi-finale, il a écrasé le tenant du titre Marin Cilic en trois manches, ne lui laissant que trois jeux (6-0 6-1 6-2). Le numéro un mondial arrivait en finale face à Federer, qui l’avait récemment battu en finale du Masters 1000 de Cincinnati, de quoi se méfier du Suisse. Le match ayant débuté avec plus de trois heures de retard à cause de pluie (soit vers 1h du matin heure française), peu de personnes ont malheureusement pu suivre cette finale en France. Les couche-tard ont pu apprécier le spectacle. Dans une ambiance incroyable, Novak Djokovic s’est imposé après plus de trois heures de jeu et quatre sets accrochés (6-4 6-4 5-7 6-4). Devant un public pourtant acquis à sa cause, le numéro deux mondial a manqué dix-neuf balles de break ! C’est sûrement ce qui lui a fait perdre ce match. Un Grand Chelem le fuit depuis trois ans.

Le serbe a superbement gagné son troisième Grand Chelem de l’année, mais Roger Federer a montré qu’à 34 ans, il faut toujours compter sur lui pour être présent lors des grandes échéances. Avec ce second succès à Flushing Meadow (après 2011), le numéro un mondial réalise le Petit Chelem sur 2015 : il a gagné trois des quatre Grands Chelems de l’année, comme sa consœur Serena Williams. Seul Roland-Garros, qu’il n’a jamais gagné, lui a échappé cette année. C’est la seconde fois qu’il réalise une telle performance sur une saison après 2011. Novak Djokovic rejoint le cercle très fermé des joueurs ayant gagné dix titres du Grand Chelem. Dix Grands Chelems gagnés par le Djoker, c’est tout de même moins que son adversaire en finale, Roger Federer, qui en est à dix-sept.
A présent, un peu de repos pour les tennismans, avant d’aborder une année particulièrement chargée : en plus des quatre Grands Chelems, les Jeux Olympiques se dresseront sur la route du gratin du tennis mondial en août prochain.

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