La première édition des Championnats Européens s’est achevée ce dimanche à Glasgow et Berlin. Avec 42 médailles dont 13 titres, la France termine sur un bilan assez correct. Mais il faut avant tout retenir de ces championnats sa formule novatrice qui s’est avérée être une franche réussite. 

Simple et pratique pour les téléspectateurs

Pour le grand public, il n’était jusqu’ici pas facile de s’y retrouver dans les différents championnats d’Europe  qui ont lieu tous les un ou deux ans selon les sports. Difficile d’y voir clair et d’être tenu au courant des différentes performances en temps réel. Pour les diffuseurs, trouver un public pour chaque sport s’avérait aussi être une tâche complexe, seuls les sports majeurs étaient diffusés et médiatisés. Cette année, les téléspectateurs n’ont pas manqué une miette de l’athlétisme ou de la natation, mais également de disciplines plus confidentielles comme le BMX ou le plongeon pour ne citer qu’eux. Sept sports (athlétisme, aviron, cyclisme, golf, gymnastique, natation, triathlon) répartis treize épreuves ont ainsi été englobé dans le programme de ces championnats sportifs européens, permettant à tous de suivre leurs sports favoris durant les dix jours consacrés à la compétition. Plus besoin d’aller fouiner dans les sites exotiques pour attraper le bon streaming, tout était disponible sur le service public, à la télévision ou sur le web. Il suffisait de cocher ses compétitions favorites ou rester devant son poste une très bonne partie de la journée pour ne rien manquer des 186 médailles d’or distribuées.

@ AFP

Et avec la programmation intelligente de Glasgow jumelée avec le stade olympique de Berlin pour l’athlétisme, les grands événements ne se sont pas chevauchés. La natation a notamment adapté son calendrier et ses horaires en fonction du programme d’athlétisme. Les deux sports majeurs de ces championnats s’enchaînaient donc en soirée, pour le plus grand bonheurs des fans de sport jamais comblés et occupés l’après-midi par des sports dont il ne se serait probablement pas intéressés en temps normal.

Une nouvelle saveur pour les médaillés

Cette formule s’approche de la formule olympique, où toutes les disciplines sont regroupées en quinze jours de compétition et où le tableau des médailles fait office de bilan ultra déterminant pour les sportifs mais surtout pour les nations. Ici, la pression et les enjeux des Jeux Olympiques ont été recréés dans ce mini format. Le public a ainsi davantage savouré une médaille qu’elle était « pour son pays » qu’un podium ou une performance de son sportif favori. Les traditionnels podiums européens où la satisfaction est avant tout personnelle ont laissé place à un état d’esprit collectif – certes assez chauvin – qui ressasse de bons souvenirs à mi-chemin entre deux olympiades.

Pour les médaillés, le changement est le même et la satisfaction décuplée : le plaisir personnel du podium continental est partagé par la fierté d’avoir apporté une breloque à son pays. Surtout, le gratin européen était présent dans chaque discipline que cela soit à Glasgow ou à Berlin, contrairement à la fausse bonne idée des Jeux Européens qui regroupaient des athlètes loin d’être les meilleurs du vieux continent et dans un lieu assez peu attractif.

@ Getty Images

Bénéfique pour les sports sous-médiatisés

Les premiers ravis de cette exposition si rare sont à n’en pas douter les sportifs peu habitués aux médias. Si cette formule a pu insuffler beaucoup de pression à certains, elle a en tout cas donné un grand coup de projecteur aux épreuves méconnues du grand public. En France, les succès de l’aviron, de la natation en eau libre et du triathlon ont par exemple largement été commenté et ont bénéficié d’une couverture médiatique inédite pour un championnat d’Europe. Ces disciplines n’ont toutefois pas fait d’ombre aux deux événements les plus attendus, la natation et l’athlétisme, qui ont pu prendre toute la lumière lorsqu’ils entraient en scène. Une fois de plus, l’organisation a fait en sorte de ne pas programmer ces sports moins médiatisés en même temps que les deux mastodontes.

Le juste équilibre a donc été trouvé entre la préservation des plus gros événements en fin d’après-midi et prime time et la mise au devant de la scène médiatique des autres sports en matinée et en après-midi. Ces derniers pouvaient alors surfer sur la vague générée par la natation et l’athlétisme et attirer beaucoup plus de téléspectateurs et de médias qu’habituellement. Cette gestion des événements co-organisés par l’Ecosse et l’Allemagne a ainsi été parfaite, entre une atmosphère médiatique proche des JO – évidemment dans une proportion moindre – simplifiant la lecture des compétitions aussi bien par les connaisseurs que par le grand public tout en donnant un coup de boost à certains sports et en laissant tout de même les deux sports rois en tête d’affiche.

Et maintenant ? Rien n’est encore officiel, mais ces premiers championnats européens auront bien une suite. Le succès de ces dix jours de compétitions est tel que les candidats se bousculent pour l’organisation de la deuxième édition. Quoi qu’il en soit, les prochains championnats européens se tiendront en 2022, avec pourquoi pas de nouveaux sports au programme, pour le plus grand bonheur des sportifs, des médias et du public.

Publicités