Si la Sky aura dominé et contrôlé le Tour de France, l’équipe Sunweb a marqué de son empreinte cette 104e édition, avec notamment deux maillots distinctifs ramenés à Paris et quatre victoires d’étape. 

Warren Barguil aux sommets de son art

En trois semaines, Warren Barguil est devenu le chouchou du public français à la faveur d’un Tour de France plein : un maillot à pois porté deux semaines jusqu’aux Champs-Elysées, deux superbes victoires d’étapes, un top 10 du classement général et un titre de super-combatif du Tour.

Quelques jours après avoir été battu d’un souffle par Uran, le Breton a pris sa revanche pour s’imposer à Foix, dans un sprint nettement dominé, devant Quintana et Contador et tout cela un 14 juillet. Mais après la course et la joie, il avait prévenu que ses jambes étaient bonnes et que son Tour n’était pas terminé, il lui restait deux semaines pour briller. En effet, le maillot à pois est rapidement devenu un objectif majeur et personne ne fut en mesure de rivaliser (Barguil terminant avec 169 points, son dauphin avec 80 points). Mais tout cela ne semblait pas encore lui convenir, alors il décida de s’échapper du groupe des favoris dans l’Izoard avant de rattraper les échappées et s’imposer en solitaire au sommet, dans l’étape reine de ce Tour.

À force de figurer à l’avant de la course, Warren Barguil a rapidement refait son retard au classement général après avoir volontairement perdu du temps en première semaine (il était 42e au soir de la huitième étape à plus de 14 minutes). Du coup, le peloton ne s’en méfiait pas et le laissait prendre les échappées du jour. Petit à petit, le coureur Sunweb a donc grappillé des minutes et des places au classement général jusqu’à se retrouver dans le top 10, intercalé entre Contador (9e) et Quintana (12e), alors que son objectif premier n’était pas situé ici.

Présent dans le top 5 de quatre des cinq étapes montagneuses, avec donc deux succès, Warren Barguil a terminé son Tour avec une nouvelle distinction : le prix de super-combatif de cette Grande Boucle 2017. Après deux victoires d’étapes sur le Tour d’Espagne en 2013 et des places d’honneur sur les classiques, « Wawa » a explosé aux yeux du grand public en trois semaines et nul doute qu’il sera à surveiller dans les prochains grands Tours pour des victoires d’étapes mais aussi pour le classement général… et s’il venait à créer la surprise sur la Vuelta en septembre ?


Michael Matthews, le sprinteur opportuniste

S’il a touché du doigt à la victoire en début de Tour, terminant deuxième du sprint en bosse à Longwy derrière Sagan, Michael Matthews a connu deux premières semaines assez compliquées. En effet, il s’est presque toujours hissé dans le top 10 des arrivées au sprint, mais n’a jamais pu mettre en danger Marcel Kittel, de loin le meilleur sprinteur du Tour. Mais lors de la 17e étape, ce dernier a chuté et abandonné au début des Alpes, laissant le champ libre à son dauphin australien pour le classement du maillot vert.

Avant cela, Peter Sagan, Mark Cavendish et Arnaud Démare avaient été contraint de quitter la route du Tour pour diverses raisons (mise en hors-course, chute et arrivée hors-délais), cela faisait trois concurrents en moins pour des sprints ou le maillot de meilleur sprinteur. S’il était l’un des derniers grands sprinteurs à boucler le Tour, Matthews n’en mérite pas moins sa tunique verte au vu de ce qu’il a produit en montagne notamment.

Placé lors de chaque sprint intermédiaire lors des étapes de plaine, il s’est aussi glissé dans des échappées en montagne, bien souvent accompagné par un ou plusieurs équipiers, pour récolter encore des points aux sprints intermédiaires comme aux 9e, 12e, 15e et 17e étape. Pas ridicule dans les difficultés, l’Australien a même engrangé 21 points dans le classement de la montagne dominé par son coéquipier Barguil. Profitant des absences de Kittel en montagne, c’est sur ce terrain qu’il a conquis ce maillot vert, en faisant également craquer l’Allemand par l’intermédiaire de ses coéquipiers.

C’est donc en fin de Tour qu’on a enfin vu un Mickael Matthews à son niveau, malin en montagne et intraitable aux sprints de la 14e et 16e étape. Tout comme Warren Barguil, le sprinteur de Sunweb est arrivé à Paris avec deux victoires en poche et un maillot distinctif sur le dos, même s’il est passé à côté de son sprint sur la plus belle avenue du monde (11e).


Déjà vainqueur du Tour d’Italie en mai par Tom Dumoulin qui avait créé la surprise en domptant tous les grimpeurs, l’équipe allemande vit un rêve en 2017. Sans le Néerlandais sur le Tour, elle est parvenue à triompher à quatre reprises et rapporter deux maillots distinctifs, entre autres, ce qui n’était pas forcément envisageable au départ de Düsseldorf le 1er juillet.

Cette réussite a rapporté 177.790€ de primes à l’équipe qui se classe troisième derrière la Sky de Froome (716.590€) et la Cannondale de son dauphin Uran (243.250€) mais devant AG2R La Mondiale, pourtant sur le podium grâce à Bardet. Nul doute qu’il faudra à l’avenir guetter cette formation qui a de la ressource et du talent sur tous les terrains de jeu…

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