Wimbledon approchant à grand pas (3-16 juillet), il est temps de faire un zoom sur celui qui peut marquer le tournoi de son empreinte et sur qui repose l’essentiel de l’avenir du tennis français, Lucas Pouille. 

Vainqueur de trois tournois sur le circuit principal, sur trois surfaces différentes, Lucas Pouille est en train de s’affirmer comme un futur grand. À 23 ans, il détient déjà à son actif deux quarts de finale de Grand Chelem mais après l’année de la révélation, il est l’heure de la confirmation, une transition déterminante quant à son avenir au plus haut niveau. Souvenons-nous de Jo-Wilfried Tsonga, finaliste de l’Open d’Australie à 23 ans, qui depuis rode dans le top 10 sans pouvoir faire mieux que des demi-finales…

Une année 2016 vaste, en attendant la consécration

Joueur plutôt complet quoique cogneur et spécialiste du fond du court, Lucas Pouille n’était pas destiné au gazon et a même commencé tard sur cette surface. Juste après son quart de finale surprise à Wimbledon l’an passé, il a confirmé dans la foulée en atteignant le même stade à l’US Open après le match de sa vie. Face à Rafael Nadal en huitièmes de finale, il a tenu quatre heures de jeu et cinq sets (à 22 ans) avant de remporter le jeu décisif final (6-1 2-6 6-4 3-6 7-6) ! Malheureusement, il a payé de ses efforts en quart de finale, balayé en trois manches par Gael Monfils. C’est donc en l’espace de quelques mois que Lucas Pouille s’est fait un nom. Ce dernier s’était fait remarqué en disputant les demi-finales du Masters 1000 de Rome. À part cela, il n’avait pas de résultat spécialement marquant à son actif. En 2016, année de son explosion, Pouille aura aussi gagné son premier titre, connu sa première sélection en Coupe Davis et gravi 63 places au classement ATP.

La progression de Lucas Pouille

Un rythme moins soutenu en 2017 malgré de belles promesses

Le plus dur était devant lui, à savoir confirmer et maintenir un tel niveau et de tels résultats. En 2017, Pouille a pour le moment réussi à demi-ton cette confirmation. Au milieu de performances plutôt constantes, on trouve toutefois des trous d’air comme à Madrid ou Rome (éliminations au premier tour) mais surtout à l’Open d’Australie, où il fut sorti par la petite porte dès son premier match face au qualifié Bublik. À Roland-Garros, il s’est incliné au troisième tour face à meilleur que lui, Albert Ramos-Vinolas, même si on le sentait capable de mieux. Enfin, pour le côté positif, nous retiendrons ses deux succès à Budapest et Stuttgart, ainsi que sa demi-finale à Monte-Carlo, ce qui souligne la complémentarité du joueur, à l’aise sur toutes les surfaces.

Épatant sur gazon, outsider à Wimbledon ?

Tout juste novice sur gazon, Lucas Pouille débutait Wimbledon 2016 sans repère ni référence sur cette surface. C’est peut-être cette insouciance, cette audace et ce manque de pression qui l’ont amené jusqu’en quart de finale, alors qu’il n’avait jusqu’ici jamais remporté le moindre match sur gazon dans le circuit principal. Du coup, le Nordiste débarque cette année avec plus d’ambitions et moins de doutes, mais il sera surveillé et craint par ses compères. D’autant plus qu’il vient de remporter son premier trophée sur le vert, en ATP 250 à Stuttgart, battant le spécialiste du gazon Feliciano Lopez.

S’il lui manque des grosses victoires en Grand Chelem, hormis celle face à Nadal en 2016, cette inexpérience peut rimer avec insouciance. Il a en tout cas le potentiel pour performer en Grand Chelem, notamment là où il s’est révélé, alors pourquoi pas en gagner un avant que la pression ne s’installe ? Avec les retours au premier plan de Nadal et surtout Federer dans son jardin (7 victoires), ainsi qu’avec la présence des habitués (Djokovic, Murray, Wawrinka) et l’émergence de nouveaux talents (Thiem, Zverev, Goffin), nul doute qu’il y aura très peu de place pour l’exploit…


Vidéo : Pouille sauvant une balle de match incroyable, avant de remporter le match puis le tournoi !

 

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