Et si les Français prenaient la bonne résolution de gagner un Grand Chelem ? S’il y a eu un titre de Marion Bartoli en 2013 chez les dames, Yannick Noah demeure le seul homme détenteur d’un Grand Chelem en France et cherche son successeur depuis plus de trente ans. Voici les raisons d’espérer un titre en 2017, chez les hommes comme aussi bien que chez les dames.

 Parce que Lucas Pouille va confirmer 

Lucas Pouille, fort d’une année 2016 exceptionnelle où il s’est révélé au grand public, doit désormais confirmer son statut d’étoile montante et peut nourrir de grandes ambitions. À tel point de pouvoir remporter un Grand Chelem ?
Aujourd’hui n°15 mondial, la révélation mondiale de 2016 occupait seulement le 91e rang en février dernier ! Depuis, le jeune Nordiste a connu une année faste marquée par une demi-finale au Masters 1000 de Rome, des débuts triomphants sur gazon et un quart de finale à Wimbledon, une arrivée en équipe de France de Coupe Davis, un nouveau quart de finale de Grand Chelem (US Open) après avoir battu Nadal au bout d’un immense combat et un premier titre sur le circuit principal (ATP 250 de Metz). Tout cela à 22 ans, cela promet un avenir radieux à la nouvelle pépite tennistique. De tous les Français, c’est sans aucun doute le joueur le plus apte à soulever un trophée du Grand Chelem malgré son jeune âge. Yannick Noah, seul tricolore à avoir remporté un Grand Chelem chez les hommes (Roland-Garros 1983) a été sacré à 23 ans, âge qu’aura Lucas Pouille dans quelques semaines… simple coïncidence ou signe du destin ?


Parce qu’on ne les attend pas forcément au premier plan

Hormis Lucas Pouille (voir ci-dessus), en pleine ascension et désormais beaucoup observé, les Français ne sont pas les têtes d’affiche de 2017, que sont les deux géants Murray et Djokovic, ainsi que leurs poursuivants Raonic ou Wawrinka, tout comme les vétérans Rafael Nadal et Roger Federer. Si l’attention sera principalement braquée sur les quatre Mousquetaires en France (Monfils, Tsonga, Gasquet, Simon), qui rôdent autour du top 10 depuis une décennie, ces derniers se font vieillissants et certains commencent à décliner : l’occasion est toute trouvée pour relancer leur carrière, à l’image de Gaël Monfils qui a réalisé sa meilleure saison en 2016.

Ils sont tous les quatre trentenaires mais n’ont assurément pas les mêmes chances de briller en Grand Chelem pour l’année à venir. Le plus âgé d’entre eux, Gilles Simon, n’est plus que le 25e joueur mondial à l’ATP et semble sur la pente descendante. Une victoire en Grand Chelem est improbable car son palmarès dans les grands tournois est plutôt maigre avec deux quarts de finale en douze ans au plus haut niveau. Richard Gasquet n’est pas non plus attendu pour remporter un Grand Chelem en 2017 même s’il y figure souvent bien. Mais, retombé au 18e rang, le Bittérois ne joue plus dans le haut du panier, raison de plus pour tromper la vigilance de ses adversaires, jusqu’à un titre majeur ? Un peu plus « cotés », Jo-Wilfried Tsonga et Gael Monfils peuvent être de sérieux outisders quant à un triomphe en Grand Chelem, notamment à Roland-Garros où ils savent enflammer le public et se sublimer. Ailleurs, ils pourraient profiter du duel permanent entre Murray et Djokovic qui se tirent la bourre pour leur voler la vedette l’espace d’un Grand Chelem. Respectivement n°12 et n°7 mondial, ils ne leur restent probablement beaucoup d’années à jouer dans le top mondial, l’occasion pour enfin succéder à leur capiaine Yannick Noah et faire démentir le surnom que l’on peut donner aux Mousquetaires de « génération zéro ». 2017 est l’année ou jamais pour qu’un de ses quatre ne réalise un hold-up pas si improbable pour écrire l’histoire.


Parce que l’effet Noah va prendre forme 

Le capitaine de l’équipe de France masculine de Coupe Davis exercera à partir de cette saison une double fonction puisqu’il sera également en charge de l’équipe de France féminine de Fed Cup. Malgré une élimination en demi-finale en Croatie pour sa première année sur le banc, Noah a semblé redonner une joie de vivre et une âme à cette équipe de France. Sa tâche n’était pourtant pas simple puisqu’il a récupéré une équipe en mille morceaux après le départ d’Arnaud Clément. Celui-ci avait emmené les Bleus jusqu’en finale en 2014 mais son mandat s’est finalement traduit par un échec tant sur le court qu’en dehors où l’atmosphère était pesante. Avec Yannick Noah, tout cela paraît déjà bien loin. Exit les tensions, la pression ou mauvaise humeur, le capitaine a apporté beaucoup d’envie et de bonne humeur, qui a toutefois ses limites comme en témoigne la dernière demi-finale (2-3). Mais il ne faudra pas oublier une première rencontre festive en Guadeloupe face à un faible Canada (5-0) et un beau succès en République Tchèque en quart de finale (3-1). Une réussite en Coupe Davis apporterait évidemment beaucoup de confiance aux Français qui en ont particulièrement besoin, et les lancerait parfaitement dans la quête au Grand Chelem.

De son côté, Amélie Mauresmo avait ramené l’équipe de France de Fed Cup dans le groupe mondial puis avait atteint les demi-finales et enfin la finale en novembre dernier (battu à chaque fois par la République Tchèque) avant de passer le témoin à Yannick Noah. Celui-ci aurait donc pu s’appuyer sur un groupe de qualité et d’expérience pour débuter mais Caroline Garcia a décidé de ne pas disputer la Fed Cup en 2017, préférant se concentrer sur sa carrière personnelle. Kristina Mladenovic, sa partenaire de double, pourrait la suivre dans ses choix, ce qui réduirait quasiment à néant les chances françaises de victoire. En 1997, Noah était déjà capitaine de l’équipe qui avait remporté la Fed Cup, dont faisait partie Pierce et qui sera membre de son staff : bis repetita vingt ans plus tard ? Quoi qu’il en soit, Yannick Noah peut entraîner les Françaises à la réussite collective mais indirectement aussi aux succès individuels, dans les tournois du Grand Chelem de préférence.


Parce que chez les filles les surprises ne sont pas rares

Les lauréates de Grand Chelem sont parfois inattendues, à l’inverse du tableau masculin où le Big Four (Djokovic, Federer, Murray, Nadal) est très rarement détrôné. Ces quatre dernières années, neuf joueuses se sont partagées les 16 Grands Chelems en jeu, contre seulement cinq du côté des hommes. Caroline Garcia, Kristina Mladenovic ou même Alizé Cornet peuvent rêver d’un destin à la Marion Bartoli, titrée à Wimbledon en 2013 à la surprise générale et retraitée dans la foulée. Plus récemment, Flavia Penetta l’avait imité avec un sacre à l’US Open en 2015 suivi d’une fin de carrière. La numéro un mondial Angélique Kerber avait aussi surpris en s’imposant lors du dernier Open d’Australie avant de confirmer et triompher à Flushing Meadows. De plus, une Serena Williams en perte de vitesse, bien que toujours très compétitive, pourrait laisser champ libre à une Française en Grand Chelem. Et celle qui est la mieux classée (24e), Caroline Garcia, représente les plus grands espoirs de l’Hexagone pour succéder à Mary Pierce, Amélie Mauresmo et Marion Bartoli dans l’histoire du tennis féminin français en Grand Chelem même si à 23 ans, celle qui a tout l’avenir devant elle n’a pas disputé le moindre huitième de finale dans les quatre principaux tournois. La voir un jour gagner un Grand Chelem ne serait pas surprenant au vu de son talent, mais dès 2017 en étonnerait plus d’un.


Les dates des Grands Chelems en 2017 :

Open d’Australie : 16 – 29 janvier
Roland-Garros : 22 mai – 11 juin
Wimbledon : 3 – 16 juillet
US Open : 28 août – 10 septembre

N’hésitez pas à commenter cet article pour donner votre avis sur le sujet et selon vous le nom de celui ou ceux qui gagneront un Grand Chelem cette année. 

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