Au lendemain de la démonstration du PSG face au FC Barcelone (4-0), il est temps de s’interroger sur la fin de saison du club parisien en Ligue 1 : sera-t-il capable de doubler l’impressionnant Monaco pour conserver son titre ? Focus sur les deux clubs forts du football français à l’aube d’un final au suspense étouffant.

Monaco sur la voie royale 

Qu’est-ce qui peut bien arrêter l’AS Monaco ? Parti sur des bases hallucinantes, le club monégasque semble intouchable en France et file droit vers son premier titre de champion depuis 2000. La meilleure attaque d’Europe, qui a récemment franchi la barre des 100 buts toutes compétitions confondues, a aussi des arguments pour faire trembler les cadors européens. Redoutable en championnat, efficace en Coupe et intéressant en Ligue des Champions, Monaco est efficace sur tous les tableaux, ce qui pourrait bien être récompensé en fin de saison avec un ou plusieurs trophées à aller chercher.

Avec trois buts marqués par match en moyenne, il sera difficile d’aller chercher les Rouge et Blanc, leaders du championnat depuis la 20e journée. Pour exemple, ces derniers ont infligé en deux matchs un 12-0 au FC Metz ou un 8-1 à l’Olympique de Marseille ! Son dauphin niçois de l’époque était également reparti de Louis II avec un 0-3 dans les bagages… Sans forcer ou presque, l’ASM a pour secret un réalisme effrayant et une solidité défensive certes moins assumée que par le passé mais toujours apparente. Du coup, Leonardo Jardim peut s’offrir le luxe de faire tourner son effectif en coupe comme en championnat, sans que cela ne déteigne sur les résultats. Pour cause, il peut s’appuyer sur des jeunes joueurs tout aussi performant à l’image d’un Kylian Mbappe, déjà comparé à Thierry Henry, auteur de 7 buts en championnat et deux triplés sous le maillot monégasque. Des statistiques impressionnantes pour un remplaçant de 18 ans.

En coupe, la mainmise est moindre mais le réalisme est tout aussi glacial. Si l’on excepte le premier tour de Coupe de la Ligue et une balade face à Rennes (7-0), chaque match a été poussif, qui plus est contre des adversaires sur le papier inférieurs. Il y a eu cette qualification aux tirs au but à Sochaux (Ligue 2) ou aussi à l’issue des prolongations à Chambly (National), conclue par un improbable 5-4. Malgré ces quelques frayeurs, à la fin c’est toujours l’AS Monaco qui gagne, ou du moins qui réalise la bonne opération comme en Ligue des Champions. Au-delà des deux victoires remarquables face à Tottenham, deuxième de Premier League, les Monégasques ont su être solide quand il le fallait pour ainsi décrocher deux matchs nuls dans les derniers instants, lors des 2e et 3e journées. Mais depuis la fin des poules, le statut de l’ASM a encore évolué et son futur adversaire en huitièmes, un bon Manchester City, ne semble pas trop grand mais à la portée de cette équipe dont il faut regarder à la loupe pour trouver trace d’un défaut. L’exploit de 2015 et l’élimination d’Arsenal est à rééditer pour cette génération étonnement sereine et sûre d’elle dans la plus grande des compétitions.

Un nouveau Paris en 2017

Méconnaissable dans la première partie de saison, le PSG monte en puissance en 2017 et peut à nouveau rêver plus grand, ce qui passe d’abord par une conquête de titres en France, chose beaucoup plus compliqué cette année à réaliser. Après l’exploit face au Barça, tout devient possible sur la scène européenne.

Le Paris Saint-Germain a connu en 2016 un nombre de déconvenues particulièrement élevé par rapport aux saisons précédentes : quatre défaites et trois nuls sur les 19 premières journées, c’est aussi inhabituel qu’inquiétant, sans compter une campagne européenne pas des plus rassurantes. Si l’essentiel, à savoir la qualification a été acquise sans contestation, chaque match sauf un (3-0 face à Bâle) a été plutôt poussif voire décevant. Il y a encore un monde entre Paris et le top européen, comme le prouve les deux nuls concédés contre Arsenal. Mais même face aux « petits », le PSG a galéré, en témoigne le match nul à domicile face au Ludogorets (2-2) ou la victoire arrachée à Bâle dans les dernières minutes (2-1). Seulement deuxièmes de leur poule, les Parisiens n’avaient pas eu plus de réussite au tirage au sort, en héritant du FC Barcelone, avec un match retour au Camp Nou…

En revanche, l’année 2017 commence de la meilleure des manières pour les hommes d’Emery. Ils totalisent dix victoires ainsi qu’un match nul pas ridicule face à l’ASM. Et le PSG y a ajouté la manière avec déjà 32 buts inscrits en cette nouvelle année, symbolisé par un Cavani toujours plus décisif qui porte son équipe. De quoi aborder les huitièmes de finale de Ligue des Champions, l’objectif majeur de ce début d’année, en pleine confiance. Et cela s’est ressenti au Parc des Princes ce mardi soir… Encore en lice sur les quatre tableaux comme l’AS Monaco, le PSG visera encore les titres nationaux mais surtout un bon parcours en Ligue des Champions, car il se pourrait bien que sa bête noire monégasque rafle la mise sur la scène nationale. Une fin de saison idyllique commence par une qualification face au FC Barcelone, à présent plus que probable au vu de l’incroyable 4-0 infligé aux Catalans à l’aller.

Trois derniers mois sous haute tension 

Il ne faudra pas faire de blagues le 1er avril prochain, le soir de la finale de la Coupe de la Ligue où les enjeux seront multiples. Au-delà du trophée, on se fera une réelle impression entre les deux meilleures équipes françaises à moins de deux mois de la fin du championnat. Nul doute que le suspense sera encore présent pour le titre, cette lutte à distance va cesser l’espace d’une soirée dans un lieu neutre, pour matérialiser la bonne saison du PSG comme de l’ASM par un trophée. Comme un symbole, la finale aura lieu au Parc OL de Lyon, à mi-distance entre les deux villes qui vont se rassembler puis se séparer instantanément pour laisser place au championnat.

Dans cette fin de saison, pourquoi pas retrouver l’OGC Nice en arbitre dans le duel au titre ? Auteurs d’un épatant début de saison, les Aiglons ont comme attendu baisser de niveau mais restent compétitifs et encore en embuscade (à 2 points de Paris, 5 de Monaco). Les Niçois ont déjà tenu près de six mois aux sommets, une lutte à trois serait encore plus excitante même s’il est fort probable de les voir davantage au combat pour conserver cette troisième place que pour le titre. En haut, le parcours de l’AS Monaco et du Paris Saint-Germain est pour le moment étroitement parallèle sur tous les tableaux (Ligue 1, Coupe de la Ligue, Coupe de France et Ligue des Champions) et pourrait bien le rester jusqu’à fin mai. Il est probable de voir les deux clubs faire une razzia sur les récompenses collectives en France, mais de là à titiller les cadors européens pour la coupe aux grandes oreilles ?

Du suspense en fin de championnat, la Ligue 1 n’attendait que cela. Il n’y aura pas de triplés insolents comme l’ont été ceux du PSG ces deux dernières années, mais on aura certainement droit à une lutte infernale jusqu’au bout. Et pourquoi pas voir deux équipes françaises réaliser un beau parcours européen, dans le dernier carré ou carrément jusqu’à succéder à l’Olympique de Marseille ?

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