Depuis jeudi soir, Claudio Ranieri et Leicester City, c’est fini. Retour sur un an et demi qui resteront historique pour l’entraîneur et le club, épatant champion d’Angleterre en 2016 et aujourd’hui tout proche de la relégation.

Une saison qui restera dans l’histoire

À ce stade-là, on ne parle plus de surprise mais d’exploit qui marquera à jamais la Premier League. Leicester venait de très loin. Le club jouait seulement sa deuxième saison dans l’élite depuis 2004 et avait même fait un tour en D3 en 2008-2009. Après quatre saisons en Championship (deuxième division), les Foxes s’octroyaient le titre de champion pour accéder à la Premier League. En 2014-2015, la saison fut sans surprise compliquée pour Leicester (14e) qui a toutefois assuré le maintien, avant d’embaucher Ranieri et son immense expérience sur les bancs, comme coach avec pour unique objectif de conserver à nouveau sa place dans l’élite du football anglais.

Qui aurait bien pu miser sur Leicester City pour le titre ? Si le club a réalisé un excellent début de saison, ses chances de titre restaient minces, l’exploit ne faisait que commencer. Ranieri et ses troupes n’auront quitté qu’à une seule reprise le top 5 du championnat durant une première moitié de saison quasi parfaite grâce notamment à sa paire offensive Mahrez-Vardy, l’anglais marquant même treize buts sur onze matchs d’affilée. La phase retour a été encore plus abouti avec le leadership pris dès la 24e journée et une victoire sur Liverpool. Les Foxes ne perdront plus jamais la tête du classement et remporteront leur premier titre à la stupéfaction générale, malgré une dix-huitième possession de balle du championnat. Mais c’est l’efficacité, la solidité et la solidarité qui ont primés pour atteindre ce couronnement complètement improbable quelques mois auparavant. Bien aidé par un Ngolo Kanté flamboyant pour ses débuts en Angleterre, Ranieri sera même élu entraîneur FIFA de l’année. Leicester placera également trois de ses joueurs dans l’équipe-type de l’année en Premier League (Kanté, Mahrez, Vardy). La paire d’attaquant figurera aussi dans le classement du Ballon d’Or (Mahrez septième, Vardy huitième). Mais moins d’un an après l’exploit, la situation a bien évolué à Leicester où l’heure n’est clairement plus à la fête…

L’euphorie retombée, de retour dans l’ombre

Pour sa deuxième année sur le banc des Foxes, Claudio Ranieri est retombé rapidement de son nuage, entraînant sa formation à nouveau dans les bas-fond de la Premier League aussi rapidement qu’il l’avait guidé jusqu’aux sommets la saison passée. Comme le dit l’adage, un seul être vous manque et tout est dépeuplé. Le départ de Kanté, métronome du jeu et patron du milieu de Leicester, vers Chelsea a été le seul départ majeur du mercato mais son absence semble aujourd’hui coûter cher à des Foxes méconnaissables. Si l’objectif n’était clairement pas au titre ni au podium en début de saison, cette chute libre reste surprenante. Par exemple, Vardy et Mahrez ne cumulent à eux deux que huit buts en championnat alors qu’ils en comptaient 41 en fin de saison dernière. Ces contres-performances offensives sont symptomatiques d’une formation qui n’a remporté que cinq de ses 25 premières rencontres de Premier League contre 15 succès l’an passé à la même époque ! Le champion d’Angleterre 2016 ne compte plus qu’une unité d’avance sur Hull City, 18e et premier relégable. Claudio Ranieri ne s’est donc pas fait licencier par hasard…

Mais il y a un mais : pourquoi l’avoir renvoyé au lendemain d’une défaite encourageante face au FC Séville (2-1) en huitièmes de finale aller de Ligue des Champions ? Leicester City garde toutes ses chances de qualification et aurait pu maintenir son entraîneur au moins jusqu’au match retour le 14 mars. Pour sa première en C1, le club anglais a fait plus que limiter les dégâts puisqu’il s’est offert la première place du groupe G (quatre succès en six matchs) et donc un ticket pour les huitièmes. Si le licenciement de Claudio Ranieri peut s’expliquer par des résultats catastrophiques en championnat, le timing de cette annonce est à revoir. Se donner une bouffée d’oxygène en Ligue des Champions, voilà une chose qui paraît désormais compromise.

Claudio Ranieri est certes parti de Leicester City par la petite porte mais il a signé un exploit que le monde du football n’est pas prêt d’oublier. Voici son message d’adieu aux Foxes : «Hier, mon rêve est mort. Après l’euphorie de la saison dernière et le titre de champion, tout ce dont je rêvais était de rester à Leicester. Malheureusement, ce ne sera pas le cas. Ça a été une belle aventure, je m’en souviendrai pour toujours. Je remercie sincèrement tous les membres du club, tous ceux qui ont participé d’une façon ou d’une autre à ce que nous avons réalisé, et surtout les supporters. Vous m’avez porté dans votre cœur dès le premier jour et vous m’avez donné votre amour. Je vous aime aussi. Personne ne peut reprendre ce que nous avons réussi ensemble, et j’espère que vous penserez à cela en souriant chaque jour, comme je le ferai. Ce fut une période merveilleuse que je n’oublierai jamais. Cela a été un honneur et un plaisir d’être un champion avec vous tous».


Rendez-vous prochainement sur le blog pour un article bien particulier sur OM – PSG, que j’aurais la chance d’aller voir ce dimanche 26 février. Il s’agira d’un long reportage qui sera retranscrit de façon « romancé », et non pas un article classique sur le match. Ce sera une première, merci de votre indulgence ! 😉 

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