Leader du championnat, l’OGC Nice, aidé par un excellent mercato, détonne en Ligue 1 à tel point qu’il pourrait faire douter les plus grands clubs de l’hexagone. Quelles sont les ambitions légitimes du club et combien de temps ce succès peut-il durer ?

Comprendre cette éclosion 

En quelques mois, ce club presque lambda du championnat de France a changé de dimension, jusqu’à atteindre aujourd’hui les sommets de l’élite du football français.
L’OGC Nice a beaucoup fait parler de lui à l’intersaison, grâce à mercato très concluant, malgré les départs de Germain et Ben Arfa, les deux maîtres à jouer qui ont emmené les Aiglons à la quatrième place l’an passé. Ces bons résultats sont d’autant plus étonnants pour un des plus vieux club en France que son palmarès n’est pas conséquent après 108 ans d’existence : quatre titres de champions de France et trois Coupes de France (la dernière en 1997). Le club a fait mieux ces quatre dernières années avec deux quatrièmes places qu’en 40 ans, sans top 5 et avec plusieurs passages en Ligue 2.

Joie NICE - Valere GERMAIN / Hatem BEN ARFA - 03.10.2015 - Nice / Nantes - 9eme journee de Ligue 1 Photo : Jean Christophe Magnenet / Icon Sport

Le Gym s’est donc renforcé avec des nouvelles recrues pour rester très compétitif avec un effectif qui rendrait jaloux plus d’un club, un mélange de jeunes pépites et de stars en reconquête. Si plusieurs grands noms apparaissent, il ne faut pas oublier les mouvements sur le banc. Claude Puel, celui qui a ramené les Aiglons sur les devants de la scène, est parti pour Southampton. Pour le remplacer, le président Rivère semble avoir fait le bon choix, même s’il faudra dresser un bilan à la fin de saison, en attirant l’expérimenté Lucien Favre. Le Suisse a déjà entraîné dans son pays natal puis en Allemagne avant de débarquer sur la Côte d’Azur. Le statut niçois est particulier voire unique en France : un club, pas un géant ni un petit nouveau, qui brille actuellement en championnat et qui pourrait bien grimper sur le podium final.

Un début de saison supersonique : des ambitions revues à la hausse

L’Allianz Riviera n’attendait que cela. En haut du classement et au cœur de toutes les attentions, Nice fait très forte impression depuis la reprise, et pas seulement au niveau des recrues. Ces dernières se nomment par exemple Dante (passé par le Bayern Munich), Younès Belhanda (champion de France avec Montpellier en 2013) et évidemment Mario Balotelli. L’Italien n’a joué que deux matchs en Ligue 1, deux derbys remportés à domicile, mais a déjà conquis le public niçois avec ses deux doublés. « SuperMario » était très attendu après deux saisons très décevantes à Liverpool et à l’AC Milan (7 buts en 51 matchs), et se relance parfaitement en France, à tel point qu’il pourrait retrouver la Squadra Azurra. L’OGC Nice pourrait briller cette saison en dehors de l’hexagone puisqu’il participe à la Ligue Europa, la première compétition européenne du Gym depuis 19 ans. On espère que la compétition sera jouée à fond et non pas délaissée comme beaucoup trop de clubs le font, après un premier match assez triste (défaite 1-0 face à Schalke).

En championnat, l’OGC Nice compte pour le moment cinq succès et deux nuls et reste la seule équipe encore invaincue en France. Si les trois premières victoires ont été acquises par un but d’écart, notamment face à l’OM dans les derniers instants, le club est pris très au sérieux depuis son carton face à l’AS Monaco, 4-0 ! Au-delà des résultats, le potentiel de ce groupe est immense, entre des jeunes très prometteurs et des cadres expérimentés. Les Aiglons peuvent nourrir des ambitions à la hauteur de leur projet. Leaders incontestables du championnat, ces derniers viseront une place sur le podium, mais pourquoi pas titiller le PSG pour le titre… Quoi qu’il en soit, un OGC Nice flamboyant ne peut faire que du bien à la Ligue 1, qui ne demande qu’un peu de suspense. Il y en aura forcément pour un moment, car nous ne sommes pas prêts de voir le Gym faiblir. À noter que Nice n’est plus monté sur un podium en Ligue 1 depuis 1976 et son dernier sacre remonte à 1959. La folle aventure des Azuréens en championnat, cela ne fait que commencer…

Une concurrence pas encore féroce

La réussite actuelle des Niçois est à contraster avec une adversité pour le moment très moyenne, entre un PSG en manque de confiance, un voisin monégasque à redouter mais pas encore impressionnant, et deux Olympiques aux performances décevantes.
En gardant un niveau de jeu exceptionnel toute la saison, Nice pourrait bien jouer des tours aux grands noms de la Ligue 1. À commencer par le PSG, seulement quatrième à quatre points des Aiglons, qui a déjà connu deux défaites (à Monaco et à Toulouse), même total que sur l’ensemble de la saison passée. Malgré plusieurs larges succès, le Paris Saint-Germain ne semble pas encore avoir adopté totalement la méthode Emery, qui s’obstine à ne pas sélectionner Ben Arfa, pourtant recrue idéale cet été. Le coach espagnol met-il simplement plus de temps à s’acclimater de Paris ou n’est-il pas fait pour entraîner le PSG ? Nous aurons la réponse dans les semaines et mois à venir…

On pensait que Monaco était au-dessus de Nice et serait devant au classement mais rien n’est plus sûr une semaine après le derby de la Côte d’Azur, écrasé par le Gym. Attention toutefois à ne pas sous-estimer l’ASM qui reste un danger et un candidat sérieux au podium. Tout comme ses homologues parisiens et monégasques, les Lyonnais disputent la Ligue des Champions, avec à n’en pas douter peu de chances d’y figurer encore longtemps. Car le début de saison des Gones est pour le moins poussif (trois défaites), avec provisoirement une neuvième place au goût amer. En ce qui concerne l’Olympique de Marseille, on parlera plutôt de maintien que d’Europe, dans une saison dite de transition, avant l’ère McCourt. Même si les Olympiens ont montré de belles choses face à Nice notamment, il leur sera compliqué voire impossible d’être constant toute la saison, comme souvent, et de jouer sur le haut du tableau.
L’OGC Nice a donc de la place pour dans un premier temps, prendre le maximum de points d’avance sur ses concurrents, avant de garder ce rythme d’enfer qui limitera la casse face à l’armada parisienne et le voisin monégasque.

SONDAGE : 

 

Publicités