En route vers un sixième titre mondial, les Experts semblent invincibles à domicile et pas grand chose ne semble pouvoir les arrêter. Pourtant, l’équipe de France ne doit pas s’imaginer déjà vainqueur alors que la route est encore longue et le plus reste à venir.


DES ADVERSAIRES CORIACES ET AFFAMÉS

L’équipe de France de handball est certes dominatrice de son sport, mais des nations peuvent venir la titiller même devant son public. La principale menace des Experts n’est donc pas forcément interne au jeu français mais viens du camp d’en face.
Commençons ce tour d’horizon par les Danois, bourreaux des Bleus en finale des Jeux de Rio (28-26). Doubles finalistes des Mondiaux en 2011 et 2013, ces derniers n’ont jamais décroché le sacre mondial et pourraient bien le faire dès cette année. Placé dans une poule D relativement abordable, le Danemark a débuté ses Championnats du Monde par des succès convaincants face à l’Argentine, l’Égypte puis la Suède qui faisait figure de premier gros test. Cela semble être l’année ou jamais pour compléter la vitrine danoise. L’équipe de France a l’avantage d’avoir déjà affronté son deuxième grand adversaire au titre, la Norvège. Celle-ci a livré une immense prestation face aux Experts qui ont sortis le grand jeu pour l’emporter de justesse (31-28). Avec pour meilleur résultat de leur histoire une quatrième place aux Championnats d’Europe l’an passé, les Vikings ont sûrement comme objectif d’aller chercher une médaille au minimum. Et si la formation nordique s’en donne la peine, comme face à la France, il sera difficile de lui priver d’un dernier carré au minimum.

Le troisième gros prétendant à pouvoir bousculer les Bleus dans leur quête de triomphe à domicile n’est autre que le champion d’Europe en titre. L’Allemagne, dont la dernière couronne mondiale remonte à dix ans, sort d’une décennie catastrophique sans médaille. C’est en tout cas bien parti pour confirmer le bronze olympique avec un succès sur la Hongrie et une humiliation face au Chili (35-14) avant une nouvelle victoire face à l’Arabie Saoudite. Gare aux Allemands que la France pourrait retrouver dès les quarts de finale.  À part ces trois nations dangereuses, il ne faut pas oublier le Qatar, vice-champion du monde en titre qui peut compter sur un contingent d’étrangers, mais défait lors du premier match, ainsi que la Croatie, toujours performante dans les grands rendez-vous mais qui n’a plus rien gagné depuis les JO 2004. Enfin, la sélection espagnole, double championne du monde, sera aussi à surveiller de près dans leur groupe B plutôt aisé.


FAIRE FACE AUX IMPRÉVUS

Si les Experts auront à se méfier de leurs principaux concurrents, ils devront surtout croiser les doigts pour limiter les blessures et rester disciplinés pour éviter des expulsions non négligeables.
Dès son deuxième match, l’équipe de France a perdu un de ses piliers à savoir Luka Karabatic. Face au Japon, le pivot parisien était sorti en boitant et on avait longtemps cru à une simple entorse. Mais la décision est arrivée le lendemain, à savoir samedi, que le cadet des frères Karabatic souffre en fait d’une rupture du ligament tibio-fibulaire de la cheville droite qui devrait l’éloigner des terrains entre trois et six semaines. Bien qu’impressionnante sur ses trois premiers matchs, l’équipe de France n’avait pas besoin d’un tel coup dur pour s’amener de la difficulté, ce que ses adversaires devraient rapidement faire. Cette mauvaise nouvelle l’est aussi bien pour le jeu tricolore que dans les têtes, notamment celle de son grand frère Nikola, visiblement affecté.

C’est le tout jeune Dika Mem, 19 ans, qui va « profiter » de cette blessure pour s’incruster dans le groupe et pourquoi pas disputer ses premières minutes sous le maillot bleu en compétition. Si l’arrière droit barcelonais est pétri de talent et est annoncé comme un futur grand, il aura tout à apprendre dans ce Mondial mais son inexpérience internationale n’arrange pas la France. Autre aspect à ne pas négliger, la discipline doit aussi être le maître mot des Experts, qui ont subi un carton rouge très sévère à l’encontre de Fabregas en fin de match face à la Norvège. Il n’a heureusement été sans conséquence mais attention à ne pas tomber dans la nervosité qui pourrait être fatale.


NE PAS TREMBLER À DOMICILE

La pression mise sur cette équipe de France est immense, encore plus que d’habitude à l’occasion de ces Mondiaux. Car les Bleus, qui ont brillé un peu près partout où ils sont passés, doivent impérativement gagnés devant leur public. Les grands favoris du tournoi seront à n’en pas douter poussés par des salles archi combles à chacune de leurs rencontres. Cet engouement pourrait se traduire, à l’issu de victoires aisées, comme face au Brésil (31-16) et au Japon (31-19) par un trop-plein de confiance dangereux face aux grosses nations. Mais la pression médiatique est présence sur les épaules des Experts lors de chaque grande échéance depuis de nombreuses années, qui ne semblent pas être dérangés par cela. Les précédents Mondiaux en France, en 2001, avaient par exemple sacrés la bande à Jackson Richardson où figurait déjà Omeyer et Narcisse ainsi que le sélectionneur actuel Didier Dinart, après une finale épique (28-25 a.p). Cette année, c’est bien parti avec une qualification pour les huitièmes acquises après seulement trois matchs joués, trois victoires évidemment. Le groupe tricolore n’est certes pas tout jeune mais bénéficie d’une grande expérience internationale pour la plupart des joueurs qui pour le moment ne tremblent pas à la maison. Devant leur public, les quintuples champions du monde devront impérativement continuer à tirer parti de cette ferveur plutôt que de la subir pour aller décrocher cette sixième étoile.

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