Biathlon : à quelle saison s’attendre pour les Bleus ?

@ F.Sandberg / MaxPPP

L’étape d’ouverture de la Coupe du Monde de biathlon à Östersund a livré les premières impressions sur les formes et capacités de chacun pour cet hiver. Et l’équipe de France a de quoi y nourrir de grandes ambitions.

Fourcade déjà de retour aux sommets ? 

Il porte actuellement le dossard jaune de leader et cela pourrait bien durer. Si le grand favori à la succession de Johannes Boe reste le Norvégien lui-même, Martin Fourcade est sans doute de retour aux affaires sérieuses après un hiver douloureux. Boe paraît encore intouchable sur la piste mais son absence annoncée en raison de la naissance de son premier enfant pour possiblement tout le mois de janvier (Oberhof, Ruhpolding et Pokljuka) pourrait bien rebattre les cartes.

Outre le tenant du titre, le Français devra se méfier de son frère Tarjei toujours présent et excellent en Suède (2e du sprint et 6e de l’individuel) mais aussi de Loginov, dauphin du cadet Boe la saison dernière et placé en embuscade pour le général. Sur les premières courses, Fourcade s’est en tout cas montré à son avantage, encore plus sur la piste que sur le pas de tir ce qui est très rassurant quant à sa forme physique. Le fruit d’un préparation désormais axée vers la récupération, un aspect devenu essentiel pour un athlète de 31 ans.

Après un relais mixte d’ouverture terminé à la neuvième place où le Catalan en aura surtout profité pour se dégourdir les jambes, il est bien rentré dans sa saison individuelle en réalisant le deuxième temps de ski du sprint – achevé à la cinquième place après deux fautes – une petite seconde seulement derrière Boe. Le septuple vainqueur de la Coupe du Monde a ensuite corrigé le tir sur l’individuel avec un magnifique 19/20, qui, couplé avec le meilleur temps sur les skis, lui a permis de s’offrir sa première victoire depuis près d’un an. Cette réussite au tir s’est confirmé sur le relais par un 10/10 permettant à la France de conserver sa deuxième place derrière l’intouchable Norvège. Une course venue prouver que les Bleus sont en pleine bourre en ce tout début d’hiver.

Un immense coup d’éclat, mais pour quel avenir ? 

Le quadruplé historique sur l’individuel laisse évidemment augurer un hiver radieux pour les Bleus. Même s’il faut bien évidemment rester prudent puisqu’il le seul résultat d’une course, qui plus est aussi tôt dans la saison, ne suffit pas pour affirmer un futur succès de l’équipe de France masculine. Sauf qu’au-delà de cet incroyable résultat collectif, Martin Fourcade, Simon Desthieux, Quentin Fillon-Maillet et Emilien Jacquelin ont tous les quatre également terminé dans le top 15 du sprint et ont pris la deuxième place du relais hommes.

@ F.Mons / L’Equipe

Sur ce fameux individuel, les Bleus ont avant tout brillé sur la piste et peuvent remercier leur staff. Derrière le renaissant Fourcade, Fillon-Maillet (2e) a signé le deuxième temps sur la piste et l’aurait emporté sans ses deux erreurs sur le premier tir couché. Desthieux (3e) et Jacquelin (4e) ont le quatrième et huitième temps de ski sur ces 20km. Ces trois derniers avaient déjà montré des signes positifs sur le sprint en réalisant un tir groupé entre la 11e et la 14e place avec deux fautes chacun. Ce qui a pour conséquence principale de placer cinq Français dans le top 10 du classement général très provisoire de la Coupe du Monde.

Car derrière ce quatuor magique, Fabien Claude a de son côté réalisé la meilleure performance de sa carrière, un 18/20 et une magnifique septième place un peu tombée dans l’oubli au vu du haut du classement trusté par ses coéquipiers. Il résumait la situation avec le sourire après la course sur Twitter : « Septième aujourd’hui, et surtout cinquième français ». Le biathlète de 24 ans avait également signé un top 20 prometteur sur le sprint, juste derrière son frère Florent qui court pour la Belgique.

Quant à lui, Antonin Guigonnat a été le Bleu le moins à la fête à Östersund (7e du relais mixte simple avec Julia Simon, 21e du sprint et 78e de l’individuel). Mais l’hiver dernier, pour sa première saison complète en Coupe du Monde, il s’était classé 11e du général et avait décroché quatre nouveaux podiums individuels dont une médaille d’argent sur la mass start des Mondiaux. Pas de quoi donc s’inquiéter après une semaine ratée pour l’actuel 32e du général.

Lui et ses cinq collègues auront donc de réels objectifs derrière la carabine et sur les spatules. Hormis Fourcade qui peut vraisemblablement se concentrer à nouveau sur le général et Claude qui va tenter de imprégner aux mieux de la Coupe du Monde avec un rêve de podium, les quatre autres (Desthieux, Fillon-Maillet, Jacquelin, Guingonnat) vont espérer jouer les troubles faits dans le classement général avec aussi le regard tourné vers les Mondiaux d’Antholz (12-23 février).

Les Bleues retrouvent de l’espoir 

Il y a moins de densité en équipe de France féminine mais désormais des espoirs concrets. Au lendemain d’une saison assez laborieuse avec Anaïs Chevalier, 19e, comme mieux classée au général, aucune victoire et cinq petits podiums individuels, il n’y avait pas forcément de quoi s’extasier à la reprise. D’autant plus que la meilleure française a récemment donné naissance à une fille et ne sera pas présente sur la Coupe du Monde cette saison. Sauf que les Bleues ont répondu à leurs homologues masculins et réalisant d’entrée un double podium surprenant qui a suivi le quadruplé des hommes.

@ AFP

Alors que le sprint avait donné des résultats contrastés pour les Bleues avec Célia Aymonier dans le top 10 (9e), Julia Simon (17e) et Anaïs Bescond (21e) en embuscade, Chloé Chevalier dans les points (39e) et Justine Braisaz hors du coup (83e), la deuxième course féminine de la saison a livré plus de satisfactions. À commencer par la dernière nommée qui s’est métamorphosée en quelques jours pour aller décrocher sa deuxième victoire, près de deux ans après son succès sur la mass start du Grand-Bornand. Pour cela, Braisaz a enchaîné un beau 15/15 qui a suivi ses deux fautes sur le premier tir, le tout avec le troisième temps de ski.

Pour six secondes, l’Ukrainienne Dzhima, dossard 74, a privé Julia Simon d’un doublé retentissant qui se dessinait. Pourtant, la jeune française était très bien partie mais deux erreurs sur son dernier tir debout l’ont empêché de grimper plus haut que la troisième marche de son premier podium en carrière. Combiné à un bon sprint (17e avec 2 fautes), ce résultat lui permet de pointer aujourd’hui à la quatrième place du général. L’autre satisfaction de la semaine vient de la novice Chloé Chevalier qui remplace numériquement sa sœur pour la saison. Elle a certes éprouvé des difficultés sur la piste lors du relais français (6e) mais a terminé dans le top 40 des deux courses individuelles de l’étape suédoise et se lance parfaitement dans le grand bain de la Coupe du Monde.

Si les Bleues peuvent faire encore beaucoup mieux, il ne faudra pas s’attendre non plus à voir des doubles podiums tout au long de la saison. Au sortir d’un hiver bien gris, les Françaises peuvent toutefois espérer réaliser de nouveaux coups tout au long de la saison et pourquoi pas jusqu’aux championnats du monde. En revanche, la régularité reste le principal problème de ces biathlètes qui sont toutes en mesure de monter sur des podiums en Coupe du Monde. Mais à l’image de Braisaz, elle vont devoir trouver une constance dans leurs performances pour pouvoir exister dans le classement général.

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