Avec respectivement 18 et 19 victoires depuis le début de saison, Deceuninck-Quick Step et Astana roulent sur la concurrence. Entre courses à étapes, classiques, sprints et classements généraux, ces deux équipes ont pourtant des caractéristiques et stratégies complètement opposées.

Astana mise sur le collectif et les courses à étape 

À défaut d’avoir un très grand sprinteur en son sein et une nature à briller sur les classiques, l’équipe kazakhe fait des courses à étapes sa spécialité. Sept classements généraux sont ainsi pour le moment revenus à Astana. On retrouve par exemple le tour de Colombie remporté par son grimpeur maison Miguel Angel Lopez. En Espagne, ce sont les tours de Valence, de Murcie et d’Andalousie qu’ont gagné Ion Izagirre, Luis Leon Sanchez et Jacob Fuglsang (devant son coéquipier Gorka Izagirre) sans oublier les victoires de Merhawi Kudus et de l’aîné Izagirre au Rwanda et en Provence. Le coureur érythréen y a aussi gagné deux étapes, sans oublier une autre victoire de Rodrigo Contreras. Alexey Lutsenko aussi a gagné un tour, à Oman, mais il s’y est surtout distingué par ses trois victoires d’étapes.

Depuis janvier, un total de douze victoires d’étapes ont été glané par des coureurs d’Astana. Car ce qui fait surtout la force de l’équipe de Vinokourov, c’est qu’elle gagne sur tous les terrains et par beaucoup de coureurs. Dix d’entre eux se sont déjà imposé au moins une fois en ce début de saison. On retrouve des baroudeurs, des puncheurs et des grimpeurs, mais aussi un sprinteur en la personne de son espoir Magnus Cort Nielsen qui l’a emporté en solitaire sur Paris-Nice. Une épreuve qui a également souri à Ion Izagirre, vainqueur seul sur la promenade des anglais.

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Pendant ce temps, Astana, qui profite de l’épaisseur de son effectif, brillait aussi sur Tirreno-Adriatico, au contraire de Deceuninck qui a surtout réussi sur la course italienne et s’est montré moins efficace sur la course au soleil. Lutsenko a d’abord signé un très beau succès dans un duel entre costauds, devant les deux premiers du général Roglic et Yates… et son coéquipier Fuglsang. Mais le Danois se rattrapera en gagnant le lendemain, en solitaire, au sommet, et devant les deux mêmes ! Ils ponctuera ce Tirreno-Adriatico collectivement réussi par une troisième place final du général.

Deceuninck, tradition classique et hommes forts

En ce qui concerne Deceuninck Quick-Step, on reste sur la lignée de 2018 où la meilleure équipe du World Tour avait signé un total impressionnant de 73 victoires. Cette année, plus de la moitié de ses 18 succès l’ont été par ses deux hommes forts : Julian Alaphilippe et Elia Viviani. Le Français a déjà levé les bras à six reprises cette saison et, le plus remarquable, c’est qu’il gagne sur tous les terrains. À San Juan, il s’est imposé au sprint, au contre-la-montre et a terminé deuxième du général avant de remporter une étape en Colombie devant les grimpeurs locaux.
Mais c’est en Italie que sa saison a pris une autre tournure avec la victoire sur la classique des Strade Bianche dans une lutte à deux avec évidemment un coureur Astana (Fuglsang). Et puis le troisième du classement UCI a gagné deux nouveaux succès sur Tirreno-Adriatico, d’abord dans un sprint entre puncheurs-grimpeurs et plus impressionnant encore, à l’issue d’un sprint massif ce lundi devant les meilleurs spécialistes !

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Son comparse Elia Viviani est moins polyvalent, ce n’est pas un scoop, mais tout aussi efficace. Le petit sprinteur compte quatre victoires, dont une aussi à domicile sur Tirreno. Il avait auparavant gagné sur l’UAE Tour et le Tour Down Under sur la première course World Tour de l’année. Mais il a aussi une classique en poche, à savoir la Cadel Evans Great Ocean Race. Si elle ne fait pas des classements généraux sa priorité – elle n’en a d’ailleurs pas encore remporté – la formation belge compte comme Astana plusieurs éléments qui gagnent.
Ainsi, il faut ajouter aux classiques et victoires en pagaille d’Alaphilippe et Viviani cinq victoires d’étapes par cinq coureurs différents : Hodeg, Jungels (Tour de Colombie), Gilbert (Tour de Provence), Jacobsen, Stybar (Tour de l’Algarve). Deceuninck-Quick Step a aussi remporté sur ses terres trois autres courses, par Stybar, Jungels et Sénéchal, avant même le début des classiques flandriennes et wallonnes où l’équipe visera à chaque fois la victoire. De quoi présager un printemps ensoleillé.

Mais l’année ne fait que commencer pour ces deux formations. Dès samedi, un premier monument les attend avec Milan-San Remo où il faudra scruter particulièrement Julian Alaphilippe, en pleine forme et taillé pour ce genre de course, très longue et accidentée. Pour Astana, les classiques printanières flandriennes et wallonnes seront un objectif moindre même s’il faut se souvenir que Michael Valgren s’était imposé sur l’Amstel Gold Race l’an passé. On retrouvera l’équipe kazakhe à n’en pas douter sous son meilleur visage en mai pour le Giro où Miguel Angel Lopez visera la victoire, un an après y avoir décroché son premier podium en Grand Tour (3e). Deceuninck-Quick Step y visera comme souvent les victoires d’étapes et classements annexes alors que son meilleur grimpeur Enric Mas aura pour grand objectif le Tour de France.

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