Plusieurs Marseillais se sont distingués à l’occasion du Classique face au PSG perdu avec les honneurs (2-0). Le match impressionnant de Lucas Ocampos a notamment mis en lumière ce joueur trop méconnu de l’OM, peu coté et souvent injustement critiqué.

L’Argentin, à la grinta increvable, n’est pas le meilleur joueur du championnat ni le plus classe ou impressionnant techniquement. Mais tout au long de la saison, il dépense sans compter avec plus ou moins de réussite et toujours une énergie débordante. Et ce Classique lui a particulièrement réussi dans presque tous les domaines. Cette réussite bluffante (89% de passes réussies dans le camp adverse) couplée à un état d’esprit conquérant ont fait de la prestation d’Ocampos une de ses plus abouties à l’OM, avec qui il a toujours entretenu une relation assez contrastée.

De la première minute jusqu’à sa sortie en fin de rencontre, il a comme à son habitude enchaîné les courses par dizaines, de la défense à l’attaque aussi bien que de l’attaque à la défense. Mais ce dimanche, il a connu une efficacité inhabituelle dans ses dribbles et ses choix. Exit l’ailier jouant tête baissée balle au pied, il a fait profiter de sa générosité à tous ses coéquipiers et mis de côté ses rushs kamikazes. Lorsqu’il a provoqué avec le ballon, il est très souvent passé et notamment face à Neymar, déjà bousculé et poussé à l’expulsion par l’Argentin l’an passé, mais également face à Choupo-Moting, tout deux victimes d’un petit pont.

On connaissait le Ocampos combatif, individualiste, maladroit et qui fait lever les foules pour un tacle rageur plutôt qu’un geste de grande classe. On a découvert dans ce Classique un Ocampos habile, réussissant des dribbles qui ont extasiés le Vélodrome. S’il est apparu logiquement émoussé après une bonne heure de jeu et l’ouverture du score, sa première partie de rencontre a été de haut vol et le jeu a souvent basculé de son côté. Alors qu’à droite Thauvin n’a pas semblé à 100% physiquement, le « chien fou » a encore joué à 110% de ses capacités, bien aidé par la présence pertinente d’Amavi dans ce couloir gauche. Il a aussi encore utilisé de son vice pour gratter intelligemment des ballons, corners, coups francs ou touches. Avec quatre fautes subies, il a ainsi été le joueur le plus touché du match (total partagé avec Thauvin).

Son agressivité dans les duels lui a également permis d’en remporter treize, un ratio équivalent à celui de son équipe (59%). Si l’OM pouvait espérer mieux que cette défaite rageante, le club ne s’est pas créé non plus un nombre incalculable d’occasions. Mais sur l’une des plus menaçantes, c’est l’Argentin qui reprenait un corner d’une tête dangereuse bien bloquée par Areola. Quoi qu’il en soit, ce sommet a offert une visibilité et un crédit à Lucas Ocampos. Celui-ci demeure ainsi essentiel dans l’équipe malgré toutes les limites qu’on lui connaît dont celle d’agacer ses propres supporters. Dimanche soir, ce ne fut jamais le cas. Son match faste a pris fin à la 85e minute, lorsqu’il a été remplacé par Germain sous l’ovation du Vélodrome. La plus belle récompense possible.

Publicités