Pour la sixième demi-finale de Coupe du Monde de son histoire, l’équipe de France défie la Belgique ce mardi. Si les Bleus peuvent paraître favoris, l’adversaire s’annonce redoutable au regard de ses talents et de ce qu’il propose depuis le début de la compétition. 

Un gardien impérial

À l’image de son équipe, Thibaut réalise un Mondial impressionnant et presque sans faute. Le portier belge est plus que jamais le dernier rempart des Diables Rouges et se montre essentiel lorsque son équipe souffre. Après un premier tour presque tranquille, malgré deux buts évitables encaissés face à la Tunisie, et un huitième de finale délicat face au Japon, Courtois a été infranchissable face au Brésil (2-1) avec un total de six arrêts. En fin de match particulièrement, il a sauvé sa sélection par plusieurs parades décisives qui ont dégoûté les Brésiliens. La Belgique doit donc sa présence dans le dernier carré en grande partie grâce à son gardien de près de deux mètres (1,99m). Les Bleus sont prévenus : il faudra être performant dans le dernier geste car la muraille d’en face, coéquipier de Giroud et Kanté à Chelsea, ne laissera pas passer grand chose.

Une défense inquiétante puis rassurante

Il aura fallu attendre de jouer contre le Brésil pour voir une défense belge complètement rassurante. Face à la Tunisie en poule, elle a par exemple concédée deux buts dans un match spectaculaire et une victoire facile (5-2). C’est aussi le risque d’évoluer à trois derrière, comme face au Japon où elle a semblé prendre l’eau à chaque offensive adverse. Mais la Belgique s’est sorti presque miraculeusement de ce traquenard avant de briller face au Brésil tant offensivement que défensivement.

@ Photonews

Ce système à trois a le mérite de pouvoir facilement s’adapter en fonction du score et ainsi passer à cinq lorsqu’il faut défendre avec les milieux des côtés qui basculent en latéraux, en l’occurrence Meunier et Carrasco. Dans l’axe, les Spurs Vertonghen et Alderweireld épaulent Kompany, convalescent et absent en début de tournoi (remplacé par Boyata). Du solide, donc, mais si les Diables Rouges venaient sortir et jouer haut, il pourrait y avoir d’espace en contre-attaque pour la vitesse de Mbappé notamment, comme face à l’Argentine.

Un milieu perdu puis retrouvé

S’il fallait trouver un point faible à cette équipe belge, ce serait son milieu de terrain. Pour preuve, le sélectionneur Roberto Martinez a mis quatre matchs à enfin trouver son milieu type. Pour le match référence face au Brésil, un Carrasco pas convaincant dans cette position excentrée et moins offensive ainsi qu’un De Bruyne pas à l’aise dans cette position basse ont été remplacé par Chadli et Fellaini, qui n’avaient joué que le match des remplaçants face à l’Angleterre.

Accompagnés par Meunier à gauche et Witsel dans l’axe, ils ont formé un milieu enfin convaincant face aux Brésiliens. Si le parisien ne jouera pas mardi car suspendu pour un second avertissement dans ce Mondial, Chadli devrait être reconduit et préféré à Carrasco face aux Bleus, si sa blessure ne se montre pas trop grave. Mais la plus grande surprise dans ce milieu se trouvait dans la liste initiale puisque Radja Nainggolan, considéré comme un des meilleurs éléments de son pays, n’a pas fait le voyage en Russie. Si ce choix est pour l’instant payant, les Bleus pourrait avoir l’avantage dans ce secteur de jeu si Kanté et Pogba conservent en demi-finale leur niveau de jeu jusqu’ici excellent.

Une attaquante foudroyante

C’est devant que se trouve le gros danger de cette Belgique. Ou plutôt les gros dangers puisqu’ils sont trois à pouvoir créer une étincelle à tout moment. Il y a d’abord les deux créateurs Eden Hazard et Kevin De Bruyne. Le premier nommé est sans doute l’un des meilleurs joueurs du tournoi, il a été nommé deux fois homme du match et s’est surtout distingué face à la Seleção. Sa performance époustouflante a été marqué par un record de dribbles réussis (10 sur 10 tentés) qui n’est pas sans rappelé celle d’un certain Zinédine Zidane dans un autre quart de finale face à ce même Brésil en 2006. Il sera le joueur majeur à surveiller même si De Bruyne est aussi un redoutable  passeur et meneur de jeu.

@ AFP

Dans le même registre, il a aussi flambé au tour précédent avec une performance ponctuée d’un but et d’un titre d’homme du match. On l’a enfin vu épanoui et à son meilleur niveau après un début de Coupe du Monde forcément compliqué au poste plus défensif de numéro 6. Mais au milieu de ces deux magiciens se trouve un monstre physique et un buteur hors-norme nommé Romelu Lukaku. Avec quatre buts et des performances toujours plus convaincantes, c’est aussi son Mondial. Véritable poison pour les défenses, il opposera un gros duel à la paire Varane – Umtiti qui auront donc beaucoup de travail même si Pavard et Hernandez devront aussi se montrer intraitable face à Hazard et De Bruyne. Et l’arrivée de Thierry Henry au poste d’adjoint et surtout d’entraîneur spécifique aux attaquants n’est sans doute pas étrangère à la démonstration offensive proposée par les Belges dans cette édition (14 buts).

Un sélectionneur inspiré

Avec un tel effectif, le plus dur est de faire des choix (comme celui de se passer de Naiggolan) et de trouver un équilibre. Après une période de rodage, et de gestion avec un onze complètement remanié avec succès pour le dernier match de poule, l’Espagnol Roberto Martinez semble avoir trouvé son équipe. Contre le Japon en huitièmes de finale, les Diables Rouges étaient menés 2-0 et très mal embarqués. À ce moment, l’entraîneur a fait rentrer Fellaini et Chadli en remplacement de Mertens et Carrasco, plutôt décevants. Il n’a fallu alors que cinq minutes à la Belgique pour débloquer son compteur et même pas dix pour voir Fellaini décisif. Son égalisation de la tête a tout changé alors que le second remplaçant s’est aussi distinguer. Dans les arrêts de jeu, Chadli s’est offert le but d’une victoire inespérée.

Deux entrants, deux buteurs, le coaching est parfait. Mais avoir ensuite changé son équipe avec brio avant de jouer le Brésil et récompenser les deux sauveurs par une titularisation est tout aussi brillant. Alors que les qualités individuelles et la faiblesse des adversaires ont primé au premier tour, ce sont les choix de l’entraîneur, en avant-match et en cours de rencontre qui ont fait la différence. Il ne suffira donc pas de mener au score ou s’imaginer dominer pour franchir l’obstacle belge. Dans le football et dans cette Coupe du Monde en particulier, tout peut aller très vite…

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