La première journée des phases de poule s’est achevée ce mardi avec des matchs plus ou moins spectaculaires mais aucun 0-0 à la clé et des difficultés rencontrées par tous les cadors. Si rien n’est fait et que les classements sont encore très provisoires, des leçons sont à tirer par rapport aux prestations et résultats des uns et autres. 

Ils ont rassuré : un phénoménal Portugal-Espagne, début idéal pour la Belgique

S’ils n’ont marqué chacun qu’un point, ils ont signé la plus grosse impression de ces premiers matchs au terme d’un somptueux 3-3. Espagnols et Portugais ont chacun brillé à leur façon et montré aux autres de quoi ils sont capables. Les coéquipiers de Cristiano Ronaldo s’en sont remis au quintuple Ballon d’Or qui aura tout fait offensivement : il a rapidement provoqué puis transformé un penalty avant de marquer juste avant la pause avec l’aide de De Gea, auteur d’une belle faute de main, et enfin de sortir un coup de génie quand il le faut.

L’Espagne, qui avait viré son sélectionneur deux jours plus tôt, n’était pas perturbée et avait réussi à revenir deux fois au score sur un superbe doublé de Costa avant même de prendre l’avantage sur un missile de Nacho. C’est à quelques minutes du coup de sifflet final, alors que la Roja domine et se procure les meilleures occasions, que CR7 obtient un coup-franc à 25 mètres qu’il frappe lui-même évidemment. La suite, on la connaît, un petit bijou dans la lucarne et une égalisation presque inespérée. On retiendra de ce spectaculaire derby pas uniquement les buts mais aussi le niveau de jeu très prometteur des deux formations.

@ Getty Images

Étiquetée comme outsider, la Belgique était attendu au tournant pour son entrée en lice, encore plus après toutes les surprises qui ont eu lieu dans le tournoi. Les Diables Rouges devaient donc se méfier du modeste Panama, qui découvrait la Coupe du Monde. Mais ils n’auront finalement pas tremblé plus d’une mi-temps, le temps de buter sur un vaillant adversaire qui s’est incliné sur un coup de canon de Mertens. Les Belges n’ont ensuite pas eu à forcer leur talent pour enfoncer le clou grâce à un doublé de Lukaku. À voir désormais ce que cette sélection donnera face à un adversaire de meilleure facture, comme l’Angleterre.

Ils ont assuré : Uruguay, France, Angleterre, même combat

Le deuxième match du Mondial a bien failli accoucher d’une première petite surprise. Dominatrice la majeure partie du temps, la Celeste d’un Cavani inspiré mais d’un Suarez maladroit a attendu les derniers instants pour trouver la faille et s’offrir la victoire. Jimenez a délivré les siens d’un coup de tête, pour récompenser sa bonne prestation au côté de son compère madrilène Godin. Cette charnière n’a laissé aucune possibilité à l’attaque égyptienne privée de sa superstar Mohamed Salah, impuissant sur le banc de touche au moment de la délivrance pour l’Uruguay.

Face à l’adversaire a priori le plus faible de son groupe, l’équipe de France a longtemps été dans le dur. Les cinq premières minutes pouvaient laisser présager une domination française comme attendu mais les Bleus n’auront jamais été particulièrement supérieurs à l’Australie. Ils n’en sont remis à un penalty de Griezmann, suite à une faute peu évidente sur le numéro 7 français, accordé grâce à l’arbitrage vidéo pour la première fois de l’histoire. On pensait alors que les Bleus avaient fait le plus dur mais un nouveau penalty, cette fois-ci indiscutable, après une main incompréhensible d’Umtiti, était transformé par les Socceroos. C’est finalement Paul Pogba qui a bénéficié d’un CSC très chanceux dans les dix dernières minutes pour sauver la baraque et assurer l’essentiel, les trois points. Il ne faudra pas oublié de louer la très bonne prestation des Australiens qui méritaient mieux même si la France n’a été que très peu convaincante.

@ AFP

Les Anglais étaient également opposés à plus faibles qu’eux et s’ils ont dominés toute la rencontre, se sont aussi imposés 2-1 dans les dernières minutes. Les Three Lions ont eu le mérite de démarrer le match à cent à l’heure pour asphyxier une faible Tunisie. Celle-ci s’en est remis à son gardien Hassen mais il ne pouvait déjà plus rien faire après dix minutes de jeu et s’inclinait face à Kane avant de sortir blessé. Mais un but inattendu a relancé la partie et crispé l’Angleterre. Un penalty bêtement concédé avant la pause par Walker aurait pu priver les siens d’une victoire à leur portée. Ils s’en sont remis encore à Kane qui s’offrait un nouveau but en renard des surfaces dans les arrêts de jeu pour conclure une deuxième période plus poussive où les Tunisiens se seront contentés de résister le plus longtemps possible.

Ils ont inquiété : les ogres sud-américains en échec, le tenant au tapis

Trois des favoris au titre ont manqué leur entrée et sont déjà sous pression. À commencer par l’Argentine qui s’est pris les pieds dans le tapis face à la toujours plus surprenante équipe d’Islande. Pour leur premier Mondial, les nordiques ont rapidement réagi à la jolie ouverture du score d’Aguero en égalisant dans la foulée. Ils ont ensuite tenu le coup en muselant particulièrement un Léo Messi à la peine. Celui-ci a manqué un penalty et confirmé avec ses partenaires les difficultés qu’ils avaient eu pour se qualifier – un triplé salvateur de La Pulga à la dernière journée des éliminatoires avait évité le pire à l’Albiceleste – ou en match de préparation lorsqu’ils avait été corrigé 6-1 par l’Espagne.

Le lendemain, le tenant du titre allemand avait affaire à un tout autre adversaire même si son statut pouvait lui laisser envisager ce premier match avec uniquement la victoire en tête. Mais rien ne s’est passé comme prévu pour une Allemagne trop sûre d’elle. En face, le Mexique a été solidaire en défense à l’image de son gardien Ochoa à nouveau infranchissable et foudroyant en contre-attaque. La Mannchaft n’a jamais trouvé la solution malgré une pléiade d’occasions et d’attaquants sur le terrain et s’est incliné presque logiquement (1-0) devant une équipe tactiquement plus efficace. S’ils venaient à terminer deuxièmes de leur groupe, les champions du monde 2014 pourraient retrouver la route du Brésil dès les huitièmes de finale…

@ Getty Images

Justement, la Seleção semblait filer tout droit vers une entrée en lice idéale. Mais le score n’était que d’un but à zéro à la pause – une magnifique oeuvre de Coutinho – et les Brésiliens avait sans doute oublier un petit détail, la Suisse n’était pas encore hors de portée. Ils se sont presque arrêtés de jouer à la reprise et se sont fait surprendre sur un corner où leur marquage est assez médiocre – même s’il y a une petite faute de Zuber avant son coup de tête gagnant. Il fallait pour Neymar&Co remettre les gaz et retrouver la motivation nécessaire pour aller chercher ses trois points obligatoires. Malgré une nouvelle grosse domination, ils ne sont pas parvenu à refaire trembler les filets d’une équipe suisse qui au contraire s’est mise à y croire et a tout donné pour arracher ce point précieux.

Ils ont étonné : la Russie flambe, le Japon exulte

Outre l’Islande, le Mexique et la Suisse, la Russie et le Japon ont agréablement surpris pour leur première rencontre. Le match d’ouverture opposait tout d’abord les deux nations les moins bien classées du Mondial, la Russie et l’Arabie Saoudite. En plein doute avant d’aborder sa Coupe du Monde, le pays hôte n’a pas été impressionnant dans le jeu mais a finalement signé une véritable correction (5-0) pour le seul gros score de ces premiers matchs. Évoluant uniquement en contre, la Sbornaya a profité d’une adversité très faible pour faire le plein de confiance. Mention spéciale pour le deuxième but de Cheryshev dans les arrêts de jeu avec un magistral extérieur du gauche.

Opposé à la favorite d’un groupe H très ouvert, le Japon a renversé la Colombie même si le scénario avait tout pour faire de cet exploit une obligation. En effet, après trois petites minutes de jeu, Carlos Sanchez a eu l’excellente idée de commettre une main grossière dans sa surface. L’arbitre n’a pas hésité pour désigner le point de penalty et sortir dans la foulée le premier carton rouge de la compétition. Menés au score et réduits à dix pendant près de 90 minutes, Los Cafeteros n’ont été en mesure de revenir pour la gagne et sont tombés face à des Japonais qui ont joué intelligemment. Ces derniers ont inlassablement fait courir leurs adversaires et malgré l’égalisation sud-américaine sur un coup-franc direct, n’ont pas paniqué et sont parvenus à inscrire le but de la victoire face à une équipe qui a logiquement terminé le match complètement cramée.

@ Reuters

Sans oublier : le Maroc presque éliminé, la Croatie en toute tranquillité

Dans le groupe de la mort avec l’Espagne et le Portugal, le Maroc n’avait pas d’autre choix que de battre l’Iran pour entretenir une lueur d’espoir d’un huitième de finale. Mais au lieu de prendre un point mérité pour les deux équipes, les Lions de l’Atlas ont encaissé un but terriblement cruel d’un coup de tête de Bouhaddouz contre son camp dans les arrêts de jeu (1-0)… Futur adversaire des Bleus, le Pérou aurait sans doute aussi mérité mieux qu’une courte défaite face au Danemark (1-0) vu ce qu’il aura montré offensivement, notamment sur les contre-attaques.

Sans faire de bruit, la Croatie, qui pourrait être un adversaire à la France en huitièmes de finale, a battu sans trembler un Nigeria complètement amorphe grâce à un CSC et un penalty (2-0). Alors que la première place est promise au Brésil, la Serbie s’est difficilement défait du Costa Rica sur un coup-franc surpuissant de Kolarov en pleine lucarne (1-0) et prend une petite option sur la qualification. Dans une rencontre sans saveur, la Suède n’a eu besoin que d’un penalty, encore une fois, pour battre une timide Corée du Sud (1-0). Enfin, le dernier match de cette première journée a vu le Sénégal battre la Pologne avec sérieux et avec des buts aidés par une défense polonaise très approximative (2-1). Ce succès place les Lions de la Teranga en tête de leur groupe mais permet surtout de marquer les premiers points du continent africain…

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