Alors que la soirée de folie au Vélodrome en Ligue Europa (5-2) est encore dans toutes les têtes, Hiroki Sakai a trouvé l’occasion de faire parler de lui en marquant un but rempli d’émotions.

Irréprochable de sérieux et d’humilité

Son arrivée sur la Canebière le 23 juin 2016 n’avait déjà pas fait beaucoup de bruit à l’époque. Depuis, le latéral japonais reste discret hors des terrains mais se montre de plus en plus précieux dans le jeu olympien.

Semaines après semaines, mois après mois, Hiroki Sakai progresse, s’endurcit et s’installe petit à petit comme une valeur sûre de la défense marseillaise. Pour sa première saison, il était très offensif et moins serein derrière mais depuis quelques mois, il fait preuve d’un sérieux, d’une robustesse et d’une justesse technique, autant dans ses tacles que dans ses combinaisons à droite – avec Thauvin notamment. On le voit donc moins à l’attaque qu’à une époque, surtout quand il n’occupe pas son couloir droit, mais ce n’est pas forcément plus mal car l’OM de cette année est déjà très fourni offensivement et son positionnement bas permet de garder un équilibre précieux dans cette formation qui peut parfois partir dans tous les sens.

Mais avant même d’être un joueur de talent, Hiroki Sakai est un homme très important dans le vestiaire phocéen de part son calme, sa générosité et son humilité à toute épreuve. Jamais un mot de trop ou un geste déplacé, toujours rigoureux et sérieux sur et en dehors des pelouses, voilà pourquoi le nippon fait l’unanimité au sein de l’Olympique de Marseille. Et ce but dans un quart de finale européen et devant un public en délire pourrait le mettre sur orbite jusqu’à la fin de saison même s’il n’est pas du genre à s’enflammer ou à se prendre pour un autre, bien au contraire. Il fait en tout cas davantage parler de lui depuis ce but et cet engouement est mille fois mérité.

S’il n’est pas le joueur le plus talentueux, spectaculaire ou expressif, Sakai est un travailleur de l’ombre qui ne rechigne jamais à faire les efforts et à se sacrifier pour le collectif, comme lorsque Rudi Garcia le contraint à changer de poste pour pallier certaines absences.

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Un latéral polyvalent, solide à gauche et épatant dans l’axe

En plus de son assurance sur le côté droit de la défense, le Japonais s’est illustré cette année par sa polyvalence. Il ne se limite plus simplement à enchaîner matchs, efforts et bonnes prestations puisque suite au départ soudain de Patrice Evra sur un coup de tatane, Jordan Amavi n’avait plus de concurrence à gauche. Et lorsque celui-ci était suspendu ou blessé, l’entraîneur olympien devait bien trouver une alternative pour conserver une défense à quatre. Le choix de basculer Sakai dans le couloir gauche s’est avéré payant puisqu’il a convaincu en défendant bien et sans en faire trop. Il s’y est beaucoup moins montré offensif mais c’est bien normal à un poste qui n’est pas le sien. Depuis décembre, il a déjà joué dix fois à gauche pour suppléer Amavi et ce malgré le retour de blessure de Bedimo, ce qui prouve bien que Garcia lui fait une confiance aveugle.

Le troisième marseillais le plus utilisé de la saison, avec 50 matchs disputés sur 54 possibles derrière les intouchables Rami et Gustavo, n’est pas qu’un bon latéral droit capable de dépanner à gauche. Il rend des services bien utiles comme au match aller à Leipzig où malgré son duel perdu sur le contre du but allemand, il a été impeccable alors qu’il disputait seulement son premier match au poste de défenseur central. Annoncé côté droit derrière Sarr, il s’était finalement décalé dans l’axe, laissant le couloir à sa doublure habituelle. Un coup tactique du coach phocéen qui aura tellement convaincu qu’il fera le même choix au match retour où les calculs tactiques ont laissés place à la folie.

Une soirée magique teintée d’un but symbolique

À nouveau titularisé en défense centrale, par manque de choix mais aussi au regard de sa prestation à l’aller, Rudi Garcia l’avait reconduit dans l’axe de la défense, laissant le couloir droit au non moins épatant Bouna Sarr. Après une première demi-heure impressionnante du franco-guinéen, ponctuée d’un but et d’innombrables accélérations, celui-ci s’est blessé à l’épaule. En conséquence, c’est un Adil Rami que tout le monde imaginait encore à l’infirmerie qui l’a remplacé, décalant Sakai sur son habituel côté droit.

Le Japonais, devancé par Bruma sur l’ouverture du score allemande, peut aussi être considéré comme fautif sur le deuxième but où il n’est étonnement pas revenu défendre. Mais il s’est montré comme souvent très solide, et infranchissable puisqu’il n’a laissé que très peu d’espace sur son côté droit. Et s’il a surtout bien défendu une fois de plus, il s’est montré offensivement dans les derniers instants, marquant dans le but vide suite à un contre éclair. Certes, son but n’est pas le plus incroyable ou spectaculaire du monde mais il y a pire comme cadeau d’anniversaire que de marquer pour la première fois avec l’OM un but mémorable et libérateur dans un Vélodrome en fusion (on fermera les yeux sur le hors-jeu).

Une fois la rencontre achevée et les larmes séchées, il a reçu les félicitations de ses coéquipiers dans le vestiaire, un temps chambreurs puisqu’il aura attendu sa 86e apparence sous le maillot phocéen pour faire trembler les filets. Après tout ce temps passé dans l’ombre des Thauvin, Payet, Gustavo, Mandanda ou Rami, voici enfin Hiroki Sakai propulsé en pleine lumière.

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