Largué en Top 14, Clermont ne peut plus compter sur la Coupe d’Europe pour sauver sa saison suite à sa défaite à domicile face au Racing 92. Au lendemain d’une saison éclaboussante avec un deuxième bouclier de Brennus et une troisième finale européenne en cinq ans, l’ASM est méconnaissable. C’est bien simple, personne ne pourra cette année moquer sa fameuse lose en finale puisque le club auvergnat est aujourd’hui bien loin de tels sommets. Le champion de France en titre a d’ores et déjà signé sa pire saison depuis bien longtemps.

Entre désillusions et humiliations, le calvaire du champion de France en Top 14

51-20, 49-0, 58-6, on ne va résumer la neuvième place de l’ASM à ces trois gifles mais elles sont symboliques de la saison pesante que vivent les Jaunards. La dernière en date, le 49-0 encaissé fin mars à Mayol, a particulièrement fait mal entre ces deux quart de finalistes européens, une semaine avant leur échéance continentale. Plus qu’enterrer les derniers espoirs auvergnats en Top 14, cette déroute a surtout mis en lumière le monde d’écart qu’il existe entre Clermont, habitué aux sommets du rugby et ses habituels confrères du haut de tableau.

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La troisième journée de championnat avait déjà donné le ton du calvaire à venir pour l’ASM. Le champion de France avait en effet reçu une claque sur le terrain de La Rochelle, vainqueur de la phase régulière la saison passée. Cette lourde défaite (51-20) avait provisoirement plongé Clermont en position de relégable. Avant leur quart de finale, le Racing 92 lui avait souhaité ses meilleurs vœux en lui marchant aussi dessus début janvier, huit essais à zéro pour un score cinglant de 58 à 6.

Mais ces trois corrections ne sont pas des cas isolés dans la saison pénible des hommes de Frank Azéma. Ils ne sont notamment pas parvenu à battre Oyonnax (un nul et une défaite), qui a passé les deux tiers du championnat lanterne rouge. Enfin, la longue absence de Morgan Parra a fait très mal aux siens qui se sont inclinés six fois de suite en Top 14 et se sont petit à petit éloignés des phases finales. Ce sera d’ailleurs la première fois depuis 2006 qu’ils ne participeront ni aux barrages ni aux demi-finales du championnat. Et puisque le maintien est acquis, il sera difficile d’aller chercher de la motivation pour disputer les quatre dernières rencontres avant la fin du cauchemar. Il restait toutefois une ultime occasion à l’ASM de sauver sa saison avec la Coupe d’Europe.

Les dernières ambitions jaunardes cruellement envolées

S’il n’y a rien de honteux d’avoir échoué face à l’actuel dauphin du MHR au classement, bien plus en forme en championnat, c’était le lieu et le moment pour redonner un peu de saveur et d’intérêt à cette fin de saison en poursuivant son parcours européen. Outre le fait de disputer un match à élimination direct dans une compétition continentale, le fait de prendre sa revanche face à ceux qui ont humilié l’ASM début janvier aurait dû mettre les Jaunards sur orbite. Dans ce même Marcel-Michelin où les locaux avaient disposés sur le fil des Racingmens en début de saison (23-21), tout était en place pour s’ouvrir la porte vers le dernier carré.

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Si les Clermontois ont mordu dans le ballon et dans l’adversaire d’entrée de jeu, celui-ci a démarré plus tranquillement pour progressivement hausser son niveau de jeu. Or, la domination francilienne en seconde période laissera d’innombrables regrets à l’ASM qui semble avoir fait tout son possible devant un public comble et pas loin d’être comblé. En cinq minutes, le Racing a tout simplement inscrit un essai qui aurait dû être invalidé, avant d’en remettre une couche dans la foulée en aplatissant à nouveau face à une équipe encore sonnée, qui marquera rapidement l’essai de l’espoir… lequel sera finalement annulé, une décision à nouveau douteuse.

Passé ses quelques minutes terribles, l’ASM Clermont avait passé sa chance et son orgueil le poussant à y croire et à se battre jusqu’au dernier instant n’aura pas suffi pour renverser la situation (28-17). D’abord brillant – avec cinq victoires en poule et notamment un double succès retentissant sur les Saracens, son bourreau en finale l’an passé – le parcours européen 2017-2018 de Clermont s’achève donc sur cette défaite amère qui laissera une immense frustration. Sans compter que cette rencontre passionnante au demeurant était sans aucun doute la dernière occasion pour les supporters de vivre des instants d’émotions et de frissonner avant la saison prochaine.

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