Si vous comptiez passer votre chemin sur les deux prochains matchs amicaux de l’équipe de France, sachez qu’ils seront capitaux dans la préparation des Bleus avant la Coupe du Monde. Pour l’entraîneur, les joueurs et pour le défi sportif notamment. 

Les derniers tickets pour le Mondial à distribuer

Les premiers concernés par ces deux rencontres amicales disputeront leurs dernières minutes de jeu avant la liste du sélectionneur, le 15 mai prochain. Si le billet pour la Russie est d’ores et déjà composté pour la plupart des joueurs, même s’il peut toujours être annulé à la dernière minute en cas de pépin physique, ces deux matchs seront primordiaux pour plusieurs éléments.

Que ce soit les néophytes Lucas Hernandez et Wissam Ben Yedder, Benjamin Pavard, Anthony Martial ou encore Florian Thauvin, ils sont tous incertains de faire partie du voyage cet été et devront impérativement être à leur avantage pendant le temps de jeu qui leur sera accordé au cours des deux rendez-vous. En effet, ils seront certainement tous amené à plus ou moins jouer, davantage en remplaçants qu’en titulaires. Certains ont notamment profité d’absences sur blessure pour faire leur entrée dans le groupe (Lucas pour substituer Mendy, Thauvin ou Martial à la place de Fekir) et doivent profiter de cette opportunité pour semer le doute dans la tête de Deschamps.

© MAXPPP / Leon Tanguy

Pour d’autres, à l’instar de Digne, Rabiot ou Kimpembe, l’inquiétude est permise mais de bonnes performances avec les Bleus viendraient clore les débats. Chaque poste reste en tout cas spécifique ; des certitudes peuvent se dégager (gardien de but, milieux défensifs) là ou au contraire des postes restent très ouverts (latéral gauche, ailiers) ou demeurent encore incertains (défense centrale, attaque de pointe).

Chaque minute accordée par le sélectionneur devra ainsi être exploitée comme il se doit pour environ un tiers de l’effectif et sera décortiquée par le staff français. Une façon pour certains de donner du rythme à ces matchs amicaux même lorsque le résultat est définitif bien avant le coup de sifflet final. Particulièrement pour les attaquants, le but sera aussi de ne pas tomber dans de l’individualisme et se rappeler que l’équipe de France brillera en Coupe du Monde avec un collectif et non pas un agrégat d’individualités.


Un onze à peaufiner et un collectif à roder 

Alors que chacun fera son maximum pour glaner une titularisation, du temps de jeu ou un place dans les 23, le sélectionneur compte sur ses deux matchs et plus globalement sur ces dix jours de rassemblement pour clarifier ses idées et confirmer ou non ses choix.

Si Corentin Tolisso pourrait être ménagé face à Colombie, DD devrait aligner d’entrée l’équipe la plus compétitive, avant des changements en seconde période, en fonction des formes et de l’état d’esprit de chacun plutôt qu’au regard du tableau d’affichage. Si son statut d’entraîneur le détermine par essence comme compétitif et donc désireux de terminer cette trêve avec deux succès en poche, cela n’aura finalement que peu d’importance par rapport au contenu et aux certitudes plus ou moins grandes affichées par tous.

@ AP/SIPA / Michel Euler

On pourrait toutefois craindre un match fermé mardi face à la Russie dans un contexte moins festif, à l’image d’un Bulgarie-France où l’enjeu avait tué le jeu. Mais la perception d’un large turnover relancerait l’intérêt et l’intensité de cette rencontre. Aligner une équipe dite mixte avec par exemple la moitié du onze composés de joueurs habitués au banc de touche ou étiquetés remplaçants (Hernandez, Kimpembe, Rabiot, Thauvin, Ben Yedder…) leur offriraient une chance inouïe de briller et gagner définitivement leur place dans le groupe France.

L’objectif de ces 180 minutes de match sera donc double pour Didier Deschamps, qui a clairement annoncé que la plupart des joueurs aujourd’hui présents au rassemblement seront sauf catastrophe de la partie cet été. Ces rencontres amicales vont en effet permettre au sélectionneur de peaufiner son équipe-type ainsi que bâtir et travailler avec un groupe solide dans la quête de la deuxième étoile qui commencera réellement le 16 juin.


Mettre le feu et veiller à ne pas prendre froid

Quatre jours après leur avant-dernière visite au Stade de France pré-Coupe du Monde, les Bleus auront l’occasion de goûter au climat russe. L’intérêt de cet affrontement face au pays hôte du Mondial sera davantage extra sportif que footballistique, car l’adversité proposée ne paraît pas redoutable.

@ Getty Images

Dans un climat très froid voire glacial, il ne sera pas surprenant de voir Didier Deschamps faire tourner son effectif et ainsi donner du temps de jeu à ceux qui ont quelque chose à prouver au sélectionneur. Puisque l’été russe est globalement similaire à ceux que connaissent les Français, ils n’auront pas à prendre la température en vue du Mondial mais devront se méfier des blessures, ce qui est redouté par temps froid. À Saint-Petersbourg, où les Bleus ne se rendront plus avant une éventuelle demi-finale, l’intérêt sera aussi de jouer à l’extérieur pour la dernière fois avant le Mondial et s’habituer à avoir moins de soutien qu’à domicile. L’adversaire, bien qu’en difficulté sur les terrains ces derniers temps, aura néanmoins tout un stade derrière lui. Seulement 63e nation au classement FIFA, la Russie peut aujourd’hui être considérée sur le papier comme très inférieure à la France, à l’image par pur hasard du Pérou ou de l’Australie… L’approche de ce match sera donc similaire à celle du premier tour de la Coupe du Monde pour les Bleus.

Si ce match ne promet pas forcément le même spectacle que celui annoncé face aux Colombiens, il permettra donc à l’équipe de France de prendre quelques repères en Russie et pour certains d’exprimer l’étendue de leur talent. Il faudra quoi qu’il en soit se prémunir des blessures tout en refusant de jouer au petit trot.

Auparavant, les Bleus en sauront plus sur leur état de forme puisqu’ils joueront une grosse équipe sud-américaine à Saint-Denis, où le contexte et les ambitions seront plus favorables à la France.

Mis à part une Italie encore sonnée que les Bleus accueilleront le 1er juin à Nice, cette Colombie semblerait être l’équipe la plus séduisante et dangereuse qu’ils défieront avant un éventuel huitième de finale face un adversaire d’un autre calibre et dans un match à élimination directe. La 13e nation FIFA, désormais installée en haut du classement, fera figure de très bon test et ne compte pas faire l’aller-retour en Europe pour se laisser marcher dessus. Avec des Bacca, James Rodriguez et autres Falcao, cette sélection ne peut pas cacher sa puissance et son ambition pour le Mondial où passer le premier tour sera un premier objectif dans le groupe du Japon, de la Pologne et du Sénégal. Outre l’affrontement qui promet d’être sérieux vendredi soir, l’équipe de France aura beaucoup à apprendre et retenir du jeu de cette nation sud-américaine. En effet, aussitôt les adversaires de la France pour le Mondial dévoilés, le président de la FFF Noël Le Graët avait désigné son envie de rencontrer en amical un sud-américain. Semblable d’un point de vue technico-tactique – ou dans le schéma de jeu et dans l’intensité – au Pérou, ainsi qu’à l’Argentine et l’Uruguay, que la France pourrait rencontrer en phase finale, la Colombie servira donc aux joueurs et au sélectionneur de base pour préparer au mieux les matchs qui comptent.

Les 80.000 spectateurs d’un Stade de France rempli à ras bord se déplaceront donc avant tout pour assister à un bel affrontement et déguster du beau football. Au regard des feuilles de match, et il est probable de voir une équipe de France peu remaniée, il serait étonnant d’en regretter le traditionnel match de Ligue 1 du vendredi soir.


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