En novembre 2016, l’équipe brésilienne de Chapecoense s’était éteinte dans sa quasi totalité dans un accident d’avion tuant 71 personnes. Un an plus tard, si le drame reste dans toutes les têtes, le club semble s’en être relevé petit à petit et vit à nouveau de belles heures sportives.

Du rêve sportif au cauchemar humain

Le 28 novembre 2016, l’équipe brésilienne de Chapecoense se rend en Colombie pour y disputer la finale aller de la Copa Sudamericana (Ligue Europa sud-américaine) face à l’Atletico Nacional. Le club qui était monté en première division deux ans plus tôt vit alors un rêve éveillé en disputant une finale continentale pour seulement sa deuxième participation. Tout au long de la compétition, le petit poucet réalise un parcours remarquable et élimine notamment le géant argentin San Lorenzo en demi-finale. Arrivé en finale, la folie qui a suivi cette petite équipe dans son épopée promettait d’être décuplée.

Mais l’avion transportant 77 personnes (joueurs, membres du staff, journalistes, personnel de bord) n’arrivera jamais. Seuls six passagers – dont trois joueurs – survivront au crash qui traumatisera le monde du ballon rond. Au soir où la rencontre était prévue, le stade de Medellín était plein pour soutenir le peuple de Chapecoense. Les 45.000 supporters colombiens sont venus en nombre pour chanter et célébrer la gloire du club brésilien. Une chaîne de télévision brésilienne ayant perdu des journalistes dans le drame ont diffusé un écran noir avec la mention « 90 minutes de silence » à l’heure du match.

Le stade de Chapecó était également plein à craquer pour rendre hommage aux disparus au moment du rapatriement et de l’exposition des cercueils dans le stade où jouaient la plupart des victimes. En janvier dernier, les trois joueurs survivants ont reçu le trophée de la Copa Sudamericana, décerné à titre posthume en accord avec l’Atletico Nacional, en préambule du premier match de l’équipe depuis l’accident.

Une équipe et des rescapés en reconstruction

Outre les deux matchs de Copa Sudamericana, Chapecoense n’a pas disputé la dernière journée de championnat, terminé à la onzième place. Mais ce n’est que deux mois jour pour jour après le crash que Chape a rechaussé les crampons pour disputer une rencontre avec une toute nouvelle équipe. Si le club a enregistré l’arrivée d’une trentaine de joueurs pour rapidement redonner vie à ce jeune club, les trois joueurs rescapés n’ont pas abandonné le football.

@ Urbanandsport / NurPhoto

Alan Ruschel, victime de multiples fractures, a fait son retour sur les terrains « seulement »  huit mois après le drame pour un amical au Camp Nou face au FC Barcelone. Depuis, il rejoue régulièrement et fait en tout cas bien parti de l’équipe professionnelle, un miracle tant il a vu la mort de près. De son côté, Neto, qui attendra 2018 pour refouler les pelouses, se bat pour retrouver des sensations alors qu’il a passé plusieurs jours dans le coma et qu’il ne se souvenait pas du crash. Le défenseur brésilien dit même avoir rêvé de cet accident d’avion la veille du décollage… La situation est aujourd’hui plus critique pour Jackson Follman, amputé d’une partie de la jambe droite. Mais le gardien n’a pas renoncé à rejouer et s’il est devenu ambassadeur du club, il s’entraîne à nouveau avec le collectif même si son avenir devrait s’orienter vers le sport paralympique.

Des résultats sportifs qui suivent

Quelques jours après l’accident, la Fédération brésilienne a proposé au club l’immunité contre la relégation pour les trois prochaines saisons. Mais comme si le défi de se reconstruire presque intégralement n’était pas assez grand, Chapecoense a refusé cette immunité, préférant gagner sa place sur le terrain. Et moins d’un an après la tragédie, le phénomène du football brésilien a tenu ses promesses et s’est maintenu, tout seul. Entre temps, cerise sur le gâteau, le club de Chapecó avait remporté un trophée, à savoir son deuxième championnat catarinense de suite (championnat d’Etat de Santa Catarina), un titre local qui en amènera d’autres – pourquoi pas sur la scène nationale ou continentale – à n’en pas douter. À trois journées du terme du championnat, voilà Chape qui était assuré de disputer une cinquième saison consécutive en première division. Une prouesse pour un si petit club, un exploit pour une équipe décimée il y a un an.

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