Alors qu’elle vient seulement de lancer sa deuxième saison avec le coup d’envoi de la Premier League, la chaîne SFR Sport s’affirme déjà comme essentielle pour les fans de sport, mettant à mal ses rivales Canal + et beIN Sports.

Une chaîne nouvelle et ambitieuse

Avant de devenir un des trois géants français diffuseur de sports, SFR Sport existait sous le nom de Ma Chaîne Sport et proposait des programmes moins alléchants comme les divisions néerlandaises, russes ou argentines de football. Le groupe Altice (BFM, RMC, SFR…) a décidé lors de l’acquisition des droits de la Premier League fin 2015 de créer cinq chaînes en remplacement des canaux Ma Chaîne Sport. Ce n’est que le 13 août 2016 que les abonnés SFR ont pu découvrir ce nouvel environnement dédié au sport qui marquera le PAF (Paysage Audiovisuel Français) dès son arrivée. Après un an d’existence, SFR Sport voit déjà plus grand pour mettre à terre Canal + et beIN Sports.

D’entrée, la concurrence mise à mal 

L’obtention en intégralité et exclusivité des droits de la Premier League pour 120 millions par an n’était que le début des affaires pour SFR Sport. Si son premier canal est réservé au championnat anglais, le groupe diffuse aussi les championnats portugais et chinois, ce dernier étant en pleine expansion, ainsi que les compétitions continentales sud-américaines. Mais Altice n’a pas ciblé uniquement le football puisqu’il propose aussi du rugby avec le championnat anglais, du basket avec l’essentiel des compétitions françaises (Pro A, Ligue féminine, équipes de France…), sans oublier un brin de handball, tennis ou volley-ball ainsi que des sports américains et extrêmes sur ses canaux 3 et 5.

SFR Sport dispose donc d’une carte étoffée et si la plupart des abonnés frémissent principalement devant la Premier League, la grille des programmes n’a plus grand chose à envier à beIN Sports, même si la chaîne qatarie conserve une programmation riche en football et tennis. En ce qui concerne Canal +, la perte des droits pour la Premier League résonne comme un coup de massue pour la chaîne qui va voir son nombre d’abonnés dégringoler, la faute à une programmation qui s’allège (Top 14, Formule 1, quelques matchs de Ligue 1 et Ligue des Champions, compétitions continentales et mondiales de basket…).

Pour enrichir ses programmes, fidéliser ses téléspectateurs en évitant de multiples rediffusions, SFR Sport a mis au point de nombreuses émissions d’analyses, de débats ou d’humeur. Que cela soit en football (Le Vestiaire, PL Zone ou plus récemment Breaking Foot), en rugby (Entre les potos), en basket (Buzzer) ou encore en athlétisme (Meeting privé), ces émissions encadrées par des experts amènent un intérêt à SFR Sport en dehors des compétitions. De plus, le groupe est allé sur le terrain du clair pour se faire connaître. La saison passée, Altice a utilisé une de ses chaînes gratuites, Numéro 23, pour diffuser plusieurs compétitions en direct. Deux matchs de Premier League ont ainsi été diffusé sur le canal 23  de la TNT et connus une réussite diverse (274.000 téléspectateurs pour Chelsea-Liverpool, 646.000 pour Liverpool-Man United), tout comme plusieurs matchs de Pro A et de l’équipe de France féminine de basket, dans le but d’appâter d’éventuels futurs abonnés.

Neuf mois d’existence et déjà un coup de tonnerre

Au moment de boucler sa première saison, SFR Sport a réussi un hold-up en remportant les droits de la Ligue des Champions et Ligue Europa en exclusivité pour trois saisons, moyennant 350 millions par saisons, soit plus d’un milliard d’euros sur la période ! À partir de la saison prochaine, Canal + et beIN Sports perdront donc la C1, un atout phare des deux chaînes. La chaîne qatarie perd à la même occasion la C3 qu’elle détenait en intégralité et va désormais avoir du mal à trouver de nouveaux abonnés. Plus tôt dans l’année, SFR Sport a aussi pris à beIN Sports la Ligue de Diamant, rendez-vous phare de l’athlétisme tout au long de la saison. Cette saison sera donc celle de la transition en attendant les compétitions européennes où la chaîne entrera dans une autre dimension.

Si SFR Sport possédera l’an prochain l’une des programmations les plus alléchantes, son accessibilité reste aujourd’hui son grand défaut, qui empêche sa diffusion vers un plus large panel de téléspectateurs. Pour le moment, seuls les clients SFR peuvent bénéficier du bouquet SFR Sport, à moins de choisir l’offre digital (9,99€ par mois) pour smartphones, tablettes et ordinateurs, qui est par ailleurs gratuite et accessible jusqu’au 10 septembre. La croissance du groupe passe aussi par le prochain changement de nom des cinq chaînes et la disparition du nom SFR. Les autres opérateurs pourraient enfin inclure les chaînes Altice dans leurs offres, alors que le nom du concurrent SFR les avait découragé à faire ce choix.

Le nombre d’abonnés de SFR Sport devrait donc grimper sensiblement, notamment parce que les fans de football n’auront pas d’autres choix pour suivre la Ligue des Champions. La troisième saison sera à n’en pas douter celle de l’explosion pour SFR Sport qui va prendre de plus en plus de place dans le PAF. Si les débuts de la chaîne ressemblent à ceux de beIN Sports en 2014, le groupe Altice va rapidement dépasser et mettre K-O ses adversaires directs, Canal + et beIN Sports.

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