Alors que l’AS Monaco a fait vibrer la France entière grâce à sa qualification pour les demi-finales de la Ligue des Champions, d’autres clubs suscitent plus de controverses en France. Doit-on soutenir toutes nos équipes engagées en compétitions européennes ?

Bénéfique pour tous les supporters de France 

On ne peut que se réjouir de l’émergence grandissante de notre championnat grâce aux performances européennes du PSG ou plus récemment de l’AS Monaco. Cette mise en lumière est aussi récompensée par l’indice UEFA. Celui-ci est calculé en fonction des performances européennes par pays et donne un certain nombre de places par pays pour participer à la Ligue des Champions et à la Ligue Europa. Ainsi, chaque fan français aurait tout intérêt à se satisfaire des succès européens des clubs de l’Hexagone. Indirectement, son équipe aura plus de chance de figurer dans une grande compétition.

De plus, le rayonnement en général de nos représentants sur la scène continentale ne peut faire que du bien à la Ligue 1, sous médiatisée à l’étranger, et au sport français en général. En effet, si le PSG a fait un peu parlé de lui en Europe ces dernières années, aucun club français n’avait rallié des demi-finales européennes depuis 7 ans et l’Olympique Lyonnais en C1 (éliminé par le Bayern Munich). L’AS Monaco est donc en train de marquer son histoire tout en apportant au championnat de France. Les mauvaises performances en C1 et C3 ne sont pas étrangères au développement lent de la Ligue 1 à l’étranger tout comme en France où elle est trop souvent raillée. Mais le jour où plusieurs clubs tricolores seront très performants et constants en Ligue des Champions ou même en Ligue Europa, alors un intérêt sera porté sur notre championnat, d’où l’importance de la performance monégasque.

Une épopée sur le Vieux Continent participe au développement mondial du football français et indirectement au rayonnement international de la France. Cette aspect presque politique peut en effet attirer non seulement des suiveurs du monde entier, mais aussi des joueurs, entraîneurs ou investisseurs à venir exercer en France. Cet effet boule de neige fait grandir l’attractivité du championnat, encore bien loin des quatre majeurs européens même si l’écart tend à se resserrer. Une expansion de la Ligue 1 ne peut être que positive pour tous les fans français, pourtant beaucoup rechigne à encourager leurs homologues en coupes d’Europe. Mais ils ont leurs raisons, qui peuvent être tout à fait compréhensibles.

Les amateurs de football n’ayant pas d’appartenance particulière sont aussi plus susceptibles d’être derrière tous les clubs français, lassés de voir chaque année les finales européennes se disputer entre clubs espagnols, allemands, anglais ou italiens mais jamais français (depuis Monaco en 2004). Un club français en finale d’une coupe d’Europe pourrait se comparer à un Français en finale d’un Grand Chelem de tennis ou maillot jaune sur le Tour de France, alors comment souhaiter la victoire d’un autre ? Il existe pourtant des explications rationnelles, vis à vis des supporters qui ont d’autres couleurs dans le sang.


Quand la passion prend le dessus sur la raison

Ne demandez pas aux plus fervents supporters de soutenir un quelconque club français autre que le leur. Ces derniers supportant uniquement leur équipe, il leur ait impensable de vibrer devant une autre équipe tricolore, concurrente en championnat ou simplement ennemie historique. Le grand public est plus concerné par l’idée d’encourager toutes les équipes françaises, mais pourquoi s’obstiner à soutenir une équipe que l’on ne porte pas dans son cœur ? Pourquoi ne pourrais-t-on pas être fan d’un club étranger ? Est-on obliger d’être chauvin, dans le football comme dans les autres sports ? Sans pour autant haïr l’autre, un supporter est simplement parfois amené à suivre une compétition mondialement observée d’un œil, tout en restant concentré et impliqué sur son club de cœur.

Il n’y a également aucune raison d’encourager des joueurs que l’on déteste ou un club qui est notre ennemi. Chacun est libre de choisir ses joueurs et son équipe favorite, sans forcément se laisser guider par l’opinion générale, à l’inverse de l’équipe nationale. Dans ce cas, c’est presque un devoir d’encourager sa patrie. En France, si les médias jouent leur rôle et félicitent les succès des clubs de l’Hexagone ou fulminent en cas de contre-performances, ils restent néanmoins généralistes : doit-on par exemple suivre aveuglément l’enthousiasme public au lendemain de l’éclatante qualification de l’AS Monaco pour les demi-finales de la Ligue des Champions ? Nous pouvons aussi nous interroger sur ce qui fait qu’un club est « Français » lorsque son propriétaire, président, entraîneur et ses joueurs sont étrangers. Il n’y a alors pas d’incitation particulière à encourager particulièrement une équipe certes basée en France mais plus « made in France » plutôt qu’un club étranger à l’accent français.


BONUS : Marseille « fête » l’incroyable élimination du PSG face au Barça en Ligue des Champions, à vous de juger…


Qu’en pensez-vous ? Etes-vous derrière tous les clubs français ou trop attachés à votre équipe pour en soutenir une autre ?

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