Les huitièmes de finale de l’Euro marquant le début des matchs à élimination directe, auront lieu samedi, dimanche et lundi : l’occasion de faire un point sur les huit rencontres à suivre et les seize équipes encore engagées.

Suisse – Pologne (samedi, 15h à Saint-Etienne)

La première affiche n’est pas la plus emballante, il faut le dire, entre une Pologne outsider et une Suisse décevante. Les Polonais, qui ont terminé deuxièmes du groupe C derrière l’Allemagne à la défaveur de la différence de but, n’ont pas encore montré l’étendue de leur talent à l’image de leur buteur superstar, Robert Lewandowski, toujours muet. Ils se sont imposés de justesse face à l’Irlande du Nord et l’Ukraine (1-0 à chaque fois), comme beaucoup d’équipes depuis le début de l’Euro. En face, la Suisse a aussi peiné pour venir à bout de l’Albanie avant d’être tenu en échec sans gloire par la Roumanie comme face à la France…
On n’attend pas forcément un gros match, la Pologne est favorite face à la Nati clairement en-dessous, mais pourquoi pas voir du spectacle quand même, comme pour Portugal – Hongrie (3-3) ?

 

Pays de Galles – Irlande du Nord (samedi, 18h à Paris)

Ce sont là deux équipes surprises qui se retrouvent pour ce huitième de finale. Si la qualification des Gallois n’est pas vraiment surprenante, leur première place devant l’Angleterre est tout autre. Ces derniers ont profité des contre-performances des « Three Lions », bien que vainqueur du Pays de Galles in extremis (2-1), pour terminer en tête du groupe B. En face, leurs voisins nord-irlandais ont créé une véritable sensation en terminant parmi les meilleurs troisièmes, devant l’Ukraine qu’ils ont battu, malgré deux courtes défaites.
Emmenés par un Gareth Bale en feu, auteur de trois buts pour le moment, les Gallois sont grandissimes favoris pour cette rencontre, mais attention à l’Irlande du Nord qui peut leur jouer un bien mauvais tour, en défendant à onze.

 

Croatie – Portugal (samedi, 21h à Lens)

Ce sera une affiche très attendue entre deux équipes au parcours totalement différent. La Croatie a excellé dans son groupe D, notamment en battant l’Espagne pour terminer leader et gagner le droit d’affronter un troisième. Avec un milieu de terrain exceptionnel, les Croates ont en trois matchs changer leur statut, passant de simple outsider à favori indiscutable. Il y aura en face une équipe du Portugal maladroite, passée tout proche de la sortie dès les phases de poule. Les coéquipiers d’un Cristiano Ronaldo frustré sur les deux premiers matchs, double buteur sur le troisième, n’ont pas fait mieux que trois matchs nuls face à de modestes nations non moins surprenantes (Islande, Autriche, Hongrie).
Les Portugais ont finalement passé les phases de poule et devront se montrer bien plus efficaces pour faire peur à la Croatie, dans une partie de tableau clairement favorable…

 

France – Irlande (dimanche, 15h à Lyon)

L’équipe de France lancera ce week-end son Euro, après trois matchs poussifs mais suffisants pour assurer l’essentiel, la première place du groupe. En face, les Irlandais, poussés par leur public formidable et admirable, ont arraché leur qualification grâce à un but vainqueur inscrit dans les derniers instants face à l’Italie, synonyme de meilleure troisième place. Auparavant, les joueurs du Trèfle avaient obtenu le nul face à la Suède avant d’être balayés par la Belgique (3-0). Si les Bleus n’ont été que très peu mis à contribution défensivement, et c’est tant mieux, il y a encore quelques problèmes à régler, comme par exemple la question de titulariser Sissoko ou non à la place de Matuidi.
Quoi qu’il en soit, la France ne pourra pas se contenter du minimum et devra si possible prendre une avance suffisante pour s’éviter toute frayeur face à des Irlandais sans peur ni complexe.

 

Allemagne – Slovaquie (dimanche, 18h à Lille)

Les champions du monde ont débuté leur compétition tranquillement mais sûrement. Même si leur bilan reste modeste (3 buts marqués, 1 match nul), ils n’ont encaissé aucun but et à l’image de la France, attendant les matchs à élimination directe pour se découvrir et jouer à bloc. La Slovaquie a elle fait forte impression en terminant troisième du groupe B, tenant en échec l’Angleterre et ne craquant qu’en fin de match contre le Pays de Galles. Menés par un Hamsik auteur d’un magnifique but contre la Russie, les Slovaques peuvent mener la vie dure à cette équipe d’Allemagne qui joue parfois trop « simplement ».
On attend de ce rendez-vous une Mannchaft plus convaincante, qui devrait passer en quart si elle retrouve son niveau de 2014, face à une formation épatante qu’on n’attendait pas à ce niveau-là et inférieure sur le papier.

 

Hongrie – Belgique (dimanche, 21h à Toulouse)

Annoncé clairement comme un favori à l’Euro, la Belgique n’a pour le moment pas décollé, loin de là, et a même montré quelques limites inquiétantes. Le Diables Rouges sont arrivés deuxièmes du groupe E, la faute à l’Italie qui les ont battu logiquement lors du premier match (2-0). Il y a eu ensuite un succès certes maîtrisé face à l’Irlande (3-0), mais la dernière rencontre a encore été très poussive, pour finalement venir à bout difficilement de la Suède. Les Belges défieront la Hongrie, elle aussi que l’on attendait pas à ce stade de la compétition. Elle s’est d’abord défaite de l’Autriche, avant d’être accrochée par l’Islande et le fameux match contre le Portugal, qui s’est soldé par un 3-3 ! Cela a donc permis aux Hongrois de prendre la tête du groupe, à la stupéfaction générale.
Malgré le faible renom de son adversaire, la Belgique a de quoi se méfier en plus de son premier tour peu convaincant, et nous ne sommes pas à l’abri d’une énorme surprise…

 

Italie – Espagne (lundi, 18h à Saint-Denis)

C’est le gros choc de ces huitièmes de finale, un remake de la dernière finale ! Cela ne s’est joué qu’à quelques minutes près, à cause de la défaite de l’Espagne en toute fin de match contre la Croatie, synonyme de deuxième place. Auparavant, la Roja s’était montré impressionnante face à la République tchèque malgré un petit score (1-0) et surtout face la Turquie (3-0). C’est une petite surprise que de voir l’Espagne deuxième de son groupe. Les Italiens n’ont eu besoin que deux victoires pour s’assurer la première place du groupe E, et ont pu souffler face à l’Irlande, avec une défaite sans conséquence. Mais leur rencontre la plus aboutie, face à la Belgique, montre que la Squadra Azzura a été enterré peut-être un peu tôt et peut toujours rêver d’aller chercher une victoire finale qui la fuit depuis 1968 et son seul succès.
Suspense quasi garanti au Stade de France, à défaut du spectacle, entre une Espagne entièrement offensive et une Italie ultra défensive. En tout cas, le scénario ne sera certainement pas le même qu’en 2012  (4-0 pour les Espagnols).

 

Angleterre – Islande (lundi, 21h à Nice)

Comme la plupart des favoris, l’Angleterre a quelque peu peiné avant d’atteindre le tableau final. Les Anglais dominaient largement les Russes pour leur premier match (entaché de violences entre supporters) mais se sont fait rejoindre dans le temps additionnel… Ils ont ensuite bien réagit en s’imposant face aux Gallois, là aussi en marquant après le temps réglementaire ! Enfin, l’Angleterre s’est heurté au mur slovaque (0-0) pendant que le Pays de Galles s’amusait face à la Russie. Cette jeune équipe anglaise, prometteuse et menaçante avant le coup d’envoi de l’Euro ne semble plus faire peur à grand monde. Pas même à l’Islande, deuxième du groupe F devant le Portugal, auteur d’un bilan impensable avec un succès et deux nuls. La plus petite nation de l’Euro, en population (320.000 habitants), n’est pas la plus petite sur le terrain et détonne au fil des matchs, pour le plus grand bonheur de son commentateur.
L’Angleterre, environ 150 fois plus peuplé que l’Islande, part évidemment avec l’étiquette de favori mais encore une fois, gare à ces petites équipes qui peuvent faire un coup sur un match et définitivement abolir les chances anglaises de premier triomphe dans un championnat d’Europe.

 

LE TABLEAU FINAL 

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