Marco Verratti, ici face à Evian, n’est pas au bout de ses peines cette saison. Source : francetvsport.fr

Si l’éventuel triplé du PSG en cette fin de saison suscite de nombreux débats, le zéro pointé est peu envisagé pour le club parisien. Avec du recul, voici quatre raisons de penser que le PSG n’est pas à l’abri d’une fin de saison « fanny ».

Parce qu’il est trop moyen en Ligue 1

En championnat, le PSG de cette année est complètement différent de celui de l’an passé. En 2013-2014, Paris se baladait seul en haut de tableau. A la fin de saison, le PSG avait récolté 89 points, soit 9 d’avance sur son dauphin monégasque et 18 sur le LOSC qui occupait la troisième place. Aujourd’hui, on ne voit pas la même équipe (uniquement 59 points à 8 matchs de la fin de saison). Cela s’explique par la concurrence qui fait rage (le trio Paris-Lyon-Marseille et Monaco planent sur le championnat) et un niveau de jeu en baisse conséquente. Le jeu des parisiens en championnat n’est pas attractif, il y a trop de matchs moyens pour une équipe qui vise plusieurs titres. Et Paris n’a jamais profité des fautes de ses concurrents directs pour s’envoler en tête du classement. Pour preuve, il aura fallu attendre la 30ème journée pour voir le PSG en tête du championnat. Autre problème, le manque d’efficacité qui est une spécialité parisienne. Beaucoup d’occasions sont manquées à chaque match ce qui peut se payer cher surtout en fin de saison. Si le PSG pêchera toujours autant dans la finition, la fin de saison peut s’annoncer pénible pour un club qui peine à comprendre que gagner trois titres ou plus en une année est très compliqué si vous n’êtes pas le Real, le Barça ou le Bayern.

Parce que les joueurs sont fatigués

Ezequiel Lavezzi, frustré, à l’image de son équipe. Source : europe1.fr

Depuis le 2 d’août dernier et le trophée des Champions (victoire 2-0 sur Guingamp), les parisiens n’ont pas arrêtés de jouer ou alors très peu. Le problème d’être compétitif partout est que les matchs s’enchaînent trop rapidement : l’équipe a souvent deux matchs à jouer par semaine contrairement aux équipes « lambda » du championnat. Lors des trêves internationales, les joueurs n’ont pas pu se reposer, étant sollicités par leurs sélections nationales. Le moment de répit de la saison aura été la trêve hivernale durant laquelle le groupe est parti en stage à Marrakech, avec une rencontre amicale face à l’Inter Milan (victoire 1-0) à la clé. Peut-on alors réellement appeler cela une trêve alors que les organismes sont mis à l’effort ? Cette trêve aura au moins permis de relancer l’équipe après une période compliquée (une victoire en quatre matchs, toutes compétitions confondues) où le PSG aura montré ses limites. Dans les 20 prochains jours, la fatigue se ressentira sûrement sur le terrain puisque Paris va jouer 7 matchs dans 4 tableaux différents (Ligue 1, Coupe de France, Coupe de la Ligue, Ligue des Champions). Un rythme infernal que va devoir tenir Paris où il faudra enfin montrer du beau jeu concrétisé par des buts. Dans le sprint final de la saison 2014-2015, les attaquants devront se montrer efficace car chaque but vaudra très cher, en championnat, en Coupe ou en Ligue des Champions. De plus, David Luiz et Thiago Motta se sont blessés pendant le classique remporté par le PSG (3-2). Ils devraient être indisponible pendant plusieurs jours pour Motta et plusieurs semaines pour Luiz ce qui leur ferait manquer de nombreux matchs importants comme les quarts de finale de la Ligue des Champions.

Parce que la fin de saison est surchargée

Comme il est dit auparavant, le PSG entame un mois d’avril complètement fou où le repos ne sera que de 3 jours entre chaque match. Laurent Blanc aura plusieurs options pour gérer son effectif. Il pourra choisir de faire tourner les titulaires pour les matchs de Coupes et prendre le risque de ne pas remporter ces compétitions ou de garder les mêmes joueurs pour tous les matchs, ce qui paraît insensé. Mais le coach parisien est capable de tout, du meilleur mais surtout du pire. Quand son équipe gagne, il est décrit comme un fabuleux entraîneur, quand c’est l’inverse on dit le contraire. En tout cas, son avenir semble se jouer sur cette fin de saison : il faut remporter des titres pour rester au club, et ce n’est pas gagné. Après avoir réalisé l’exploit d’éliminer Chelsea en huitième de finale de la Ligue des Champions, Paris jouera le Barça en quart. Ces deux équipes s’étaient déjà rencontrés l’an dernier au même moment de la compétition, le Barça s’était qualifié mais sans toutefois gagner (plus grand nombre de buts marqués à l’extérieur). Cette année, les deux formations se sont défiées en phase de poule. Bilan : une victoire 3-2 du PSG au Parc des Princes et une défaite 3-1 au Camp Nou de Barcelone. Cette double confrontation risque de faire mal à cette équipe parisienne. Déjà, elle rajoute deux fois 90 minutes (voire plus) aux joueurs du PSG qui ont de faibles chances de continuer l’aventure européenne, le Barça étant au top de sa forme avec un trio Neymar-Suarez-Messi qui fait des étincelles en Espagne. En plus le PSG pourrait partir trop confiant dans ce match, lâchant trop d’énergie inutilement, et finalement s’incliner avec le moral à zéro pour le reste de la saison. Même une improbable qualification pour les demi-finales ajouterait deux matchs supplémentaires dans les jambes parisiennes.

Le programme de la fin de saison du PSG :

Avril :

Mercredi 8 : PSG – Saint-Etienne (1/2 finale Coupe de France)
Samedi 11 : Paris – Bastia (finale Coupe de la Ligue)
Mercredi 15 : PSG – Barça (1/4 finale aller Ligue des Champions)
18 : Nice-PSG (Ligue 1, J33)
21 : Barça – PSG (1/4 finale retour Ligue des Champions)
24, 25 ou 26 : PSG – Lille (Ligue 1, J34)
28 : PSG – Metz (Ligue 1, J32 en retard)
Mai :
2, 3 ou 4 : Nantes – PSG (Ligue 1, J35)
5 ou 6 – 12 ou 13 : 1/2 finale Ligue des Champions ?
8, 9 ou 10 : PSG – Guingamp (Ligue 1, J36)
15, 16 ou 17 : Montpellier – PSG (Ligue 1, J37)
22, 23 ou 24 : PSG – Reims (Ligue 1, J38)
30 : finale Coupe de France ?

Parce que Zlatan est dans une mauvaise passe

Zlatan Ibrahimovic traverse une saison compliquée. Source : lemonde.fr

Depuis son arrivée à Paris, le géant Suédois avait chaque saison marqué beaucoup de buts (souvent spectaculaires) et marqués les esprits. Dès son arrivée dans la capitale, il avait fait parti de l’équipe type de la Ligue 1 (en 2013 puis en 2014). Mais cette saison, il a atteint ses limites et ne sera probablement pas dans cette équipe type. Avec 30 puis 26 buts, il a terminé ses deux premières saisons en tête du classement des buteurs. Ibrahimovic n’a inscrit cette saison que 17 buts alors qu’il reste huit matchs à jouer et se situe loin derrière le lyonnais Lacazette (24 buts). Avant cette saison, le Suédois marquait des buts d’exception, sur des gestes improbables ou des coups-francs surpuissants. Aujourd’hui, il marque surtout sur penalty. Le PSG doit s’en séparer car il n’est plus performant mais reste titulaire. Il ne fait presque plus d’effort et on voit sa frustration sur des tacles violents et sur des insultes. Blanc n’ose pas le mettre sur le banc, à tort. En revanche, il n’a rien perdu de son arrogance qui est pénible pour tout le monde. Son comportement agaçant lui a joué des tours : il est repéré par les arbitres et est donc plus souvent sanctionné : il a manqué de nombreux matchs en étant suspendu. Sa blessure fin septembre l’a sans doute perturbé par la suite tellement il est fantomatique sur le terrain.  Il a récemment fait parler de lui après une défaite face à Bordeaux (3-2) où ses insultes ont jailli avant d’entrer aux vestiaires : « En 15 ans, je n’ai jamais vu un tel arbitre dans ce pays de merde. Ce pays ne mérite pas le PSG ». C’est plutôt la France qui ne mérite pas ce joueur… Il sera jugé ce jeudi 9 avril et risque une (nouvelle) suspension de 4 matchs. Mais Zlatan Ibrahimovic n’est pas le seul joueur du joueur du PSG à avoir dérapé cette saison. En effet, à la trêve hivernale, Ezequiel Lavezzi et Edinsn Cavani n’ont pas participé au stage au Maroc. Les deux attaquants sont partis en vacances en Amérique du Sud sans l’accord du club. Ils ont été privés des deux matchs qui ont suivis cette affaire.

Cette équipe ne fonctionne donc pas idéalement sur et en dehors du terrain. Et pour gagner des titres, il faut de la cohésion dans un groupe : acheter des stars ne suffit pas pour gagner, il faut un groupe pas uniquement basés sur des individualités. Ces individualités ont parfois du mal à se trouver sur le terrain. La fin de saison s’annonce longue et pénible pour le PSG s’il ne retrouve pas son niveau…

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