L’OM s’étant lourdement et piteusement incliné 6-1 à Monaco, je tenais à modestement exprimer mon coup de gueule sur le club phocéen. Je rédige cette humeur du soir à chaud en essayant de dire le moins de bêtises possible maintenant que la colère s’est un peu apaisée, même si les souvenirs douloureux ne seront pas oubliés de sitôt.

Perdre contre champion de France d’accord, mais pas comme ça, pas maintenant. Tu peux prendre six fois un but, mais pas une fois six buts… encore plus quand tu t’appelles Olympique de Marseille. Comme se taire n’est pas la solution, voici mon ressenti à l’issue de ce 6-1 historique.

Oui, l’AS Monaco n’est pas Carquefou mais champion de France et demi-finaliste de Ligue des Champions en titre – un monde loin de Marseille – mais son début de saison n’avait pas de quoi être aussi peureux et frileux. Oui, je parle de Rudi Garcia, déjà critiqué plus ou moins légitimement depuis le début de saison, qui ne semble-t-il n’avait pas préparé le match. Lui-même l’a répété, l’objectif de ce début de saison était la qualification européenne. Certes brillamment rempli cette semaine, cet objectif ne doit pas être une finalité mais un début. Selon les propos du coach, ce choc face à l’ASM n’était donc pas primordial, au fond ce n’était qu’une rencontre de championnat.

Peut-être qu’aligner cinq défenseurs était à première vue la solution la plus simple pour contrôler l’armada monégasque. Mais pas besoin d’être entraîneur pour comprendre que cet OM ne joue jamais en 5-3-2 ou 5-4-1 (on ne sait même plus quelle était la tactique de base) et que cet OM avait sur le papier les armes pour rivaliser. Ce comportement de petite équipe qui débarque sur le Rocher pour en prendre le moins ne colle pas à l’ADN Olympique de Marseille. L’OM ne sait pas jouer pour défendre et la devise Droit au But est bien là pour le rappeler. La meilleure défense, c’est l’attaque, aurait-il fallu repréciser à coach Rudi. Ce manque d’audace s’est payé cash et c’était peut-être mérité.

Mais les choix tactiques n’expliquent pas à eux seuls une telle débâcle. Sur le terrain, cinq défenseurs, voire six au coup d’envoi, n’ont jamais su comment gérer les assauts redoutables mais pas incontrôlables des Rouge et Blanc. Ce n’est pas normal de prendre six buts face à une équipe qui ne joue même pas à fond et qui n’en demandait pas temps, comme sur les pénaltys ou les errements défensifs sur les autres buts. Je ne citerai pas de joueurs, certains en seraient flattés, on va plutôt dire que ce naufrage est collectif et que la grinta de Mandanda, peu à peu éteinte comme son équipe, n’aura pas suffi à motiver une défense bien trop perméable, un milieu trop dépassé et une attaque trop discrète.

L’OM Champions Project devient alors de moins en moins crédible et implique en tout cas d’avoir un effectif à la hauteur de ces ambitions folles. À quelques jours de la fin du mercato, le chantier est encore immense mais qui pourrait avoir envie de rejoindre l’Olympique de Marseille au regard de cette prestation ? Pour viser le titre, un objectif à très long terme, il est nécessaire d’avoir un grand entraîneur et Garcia en est un. Sauf que lui aussi (et surtout) devrait profiter de la trêve pour se remettre en question et réfléchir à la raison de ces 90 minutes désastreuses. Plus de doute, il est l’heure de tirer la sonnette d’alarme au sein du club entier et de se parler vis à vis de cette rencontre qui a mis en lumière un projet qui tarde à décoller.

Nous attendons maintenant une réaction rapide et intraitable. Battre Rennes à la prochaine journée 1-0 sur un but tardif ou litigieux ne suffira pas à effacer ce dimanche monégasque de nos mémoires. L’OM doit retrouver un niveau de jeu cohérent et constant, son niveau de jeu, pour ainsi démarrer une série de victoires et installer le doute chez ses adversaires. Il faut recréer cette étincelle qu’à éteint Marcelo Bielsa au soir de son départ pour enflammer à nouveau tous les supporters qui eux sont à la hauteur de l’institution Olympique de Marseille. Dire fait rire, faire fait taire. Les paroles et promesses ne suffisent plus, nous attendons des actions sur et en dehors du rectangle vert. La nouvelle direction ne cesse de vendre du rêve, si elle pouvait acheter des talents, ça ne serait pas plus mal. On dit que l’OM nourri trop d’ambitions mais comment en avoir après une telle prestation…

Bien sûr, tout cela n’aura peut-être plus aucune valeur en fin de saison mais je tenais à écrire mon billet d’humeur pour prouver que l’Olympique de Marseille, mon club de cœur et un des clubs français des plus populaires, est réellement en danger.

Jules Aublanc

Publicités